Ceci dit, Art et Poésie…

… le continuum moi-monde est une phrase vivante … l’oeuvre divine, la Création, est une parole…

Roger Quesnoy : En quoi cette parole peut-elle être poésie ?

Stephen Jourdain : Parce que les mots de cette parole – l’humble objet terrestre – ne véhiculent pas un sens de nature intellectuelle. Il n’est pas le fait de l’intelligence rationnelle, conceptuelle, propre à l’homme. Il est le fait des dieux qui ont élu domicile dans chacune de nos âmes. Les dieux ne pensent pas par concepts, ils pensent par ‘couleurs’. Le limon primordial, le limon divin duquel toute procède, et qui gouverne toute chose, est un qualitatif pur, infiniment diversifié. Chacune des individualités qualitatives (chasse de ton esprit toute idée de contours individuels) composant ce divers, est à la fois un dieu et l’une des Idées propres à l’intelligence divine.

Où rencontrer ces Idées-qualités divines ? Elles occupent l’ultime ressaut du massif inexploré de la sensibilité humaine dont le tout premier contrefort se nomme affectivité, le suivant Art, et les pentes elles-mêmes, poésie vécue. Comment les évoquer ? Je m’en tire généralement en parlant de poésie vécue incandescente, de méta-poésie. J’aimerais bien leur trouver un nom, au moins un prénom ! À quoi ressemblent-elles, comment fonctionnent-elles ?

Roger Quesnoy : Comme des anges et des fées !

Stephen Jourdain : Alors, nul ne peut rencontrer une fée sans se rencontrer lui-même ! Et la gent féérique est notre enracinement absolu.  

C’est ma dernière citation, une nouvelle fois empruntée au livre Voyage au centre de soi (Accarias-L’Originel). Ainsi prend fin cet hommage à Stephen Jourdain, à cette parole si singulière  qui ‘clôt la Prophétie’ inouïe et accomplit le destin d’une Connaissance secrète et grâce à lui, offerte. Toutes philosophies et religions du passé désormais vieillies et obsolètes : que s’élève le chant d’Orphée en plénitude.