La preuve (2)

Une amie m’écrit : « Difficile, Michel Henry ! Ce que je peux en saisir : ce n’est que par le moi, dans le moi vivant sa vie,  que la réalité de l’être, l’invisible Vie, se donne présence à elle-même. Le moi qui s’éprouve vivant est sa propre preuve… » Et j’ai donc répondu : « Oui c’est exactement cela… Mais c’est évidemment incroyable, disons plutôt : inconcevable… et il est manifestement, à la fois, si aisé et si naturel ; et si difficile, presque irréalisable, de se comprendre soi-même comme Le Secret ». La fameuse proposition jordanienne – et qui n’en est pas une : « l’Idée se… » Une évocation qui ne doit pas générer cette fois d’image mentale, mais la saisie du restant dont parle Rogozinski, l’insaisissable comme tel et comme tel, pas ‘rien’ ! D’où ma tentative de citer (longuement) Nisargadatta qui expliquait cette ‘chose’ dans l’entretien 74 de Je suis.

Je me propose aussi de rappeler cette formule de Stephen Jourdain : « Lors de léveil , quand se dissipe le rêve du moi observateur et du moi observé, il y a la perception brève, mais précise et limpide, dune résolution du moi observateur et de lacte dauto-observation en lineffable et primordial ébranlement de la conscience de soi» Qu’ajouter ? Cette flèche doit atteindre sa cible, il n’y a plus rien à ex-pliquer, sinon trouvez votre empêchement ; observez la nature de l’obstacle qui s’oppose à ce retour à soi, cette réflection (j’écris certains mots autrement pour forcer l’attention à ce qu’ils disent) ce dévisagement des traits cachés, de l’autre côté du miroir – mais de mon côté ! à l’instant précédant la conception d’un l’objet, extérieur, séparé, clos en lui-même et dans son opaque et menaçante matérialité.

lineffable et primordial ébranlement de la conscience de soi… Cela ne vous dit rien ? É-prouver, sans nécessaire preuve matérielle ni logique ?

Un commentaire sur “La preuve (2)

  1. Trouver son empêchement. Observer la nature de l’ obstacle qui s’oppose à ce retour à soi, cette réflection, ce dévisagement des traits cachés, de l’ autre côté du miroir mais de mon côté ! etc…
    Mais où ? Comment ? se demande la personne. Ces questions sont comme des pétards mouillés, je le sens bien.
    Observer la nature de l’ obstacle. Cet obstacle me parait omniprésent. Je me sens encerclée, piégée, justement peut-être est-ce là le meilleur point d’ observation ?
    Bon je continue.
    Marie.

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