L’éveil oriental, répétition

De nombreuses questions me sont posées concernant mon ‘hommage à Stephen Jourdain’. J’y répondrai la semaine prochaine. Auparavant je veux rappeler la distinction que j’avais exposée dans mon précédent blog (Victorinus, du 14.01.07 au 14.01.09) entre ‘éveil oriental’ et ‘éveil occidental’. J’ai même écrit longuement à ce sujet. Cette fois je citerai Nisargadatta qui a décrit de façon précise et très complète la mutation qui s’est produite en lui. On peut déjà mesurer la différence qui le sépare du bouleversement ayant affecté un Stephen Jourdain :

« Ayant  réalisé que je suis un avec le monde et que, cependant, je suis au-delà, je fus libéré des désirs et de la peur. Je ne me suis pas persuadé par la raison que je devais être libre – je me suis retrouvé libre, de façon inattendue, sans le moindre effort. Depuis, cette libération de désir et de la peur demeura en moi. J’ai remarqué autre chose : je n’avais pas besoin de faire d’effort, l’acte suivait la pensée, sans délai, sans résistance – j’ai constaté aussi que mes pensées s’achevaient d’elles-mêmes ; les choses prenaient leur place aisément et correctement. La principale transformation s’était produite dans le mental ; il devint immobile et silencieux, répondant immédiatement, mais ne perpétuant pas la réponse. La spontanéité devint un mode de vie, le réel devint naturel et le naturel devint réel. » p.285 in  Je suis d’après la traduction du marathi par Maurice Frydman, publié aux Deux-Océans 1982.

Il n’est pas nécessaire de souligner une fois de plus ce caractère de passivité, et je veux dire par là d’unité organique, de fluidité, qui sont manifestes suivant l’effacement de la personne comme sujet de délibération, choix, décision etc… Nous sommes aux antipodes d’une psychologie et même, aussi, de l’éveil occidental. Dans ce cas particulier, la personne, ou le témoin de cette réalité si sublime et tout aussi commune, devient régent de la création (de l’apparaître du ‘double’ spectacle-spectateur) et responsable, exhausseur ! Ce qui est explicitement dit par Stephen Jourdain, et par lui mieux que personne avant lui. Dans l’éveil oriental il y a fusion dans l’Esprit pur du ‘deux’ de la polarité expérientielle. Dans l’éveil occidental, il y a accès ‘miraculeux’ au Secret : accès aux essences, qu’on appellera Idées, Mères, Racines qui sont ces matrices de toute figure sensible de l’existence mais qui s’éprouvent sans séparation (contre l’évidence sensible) et dans la liberté (et le péril) d’un jeu. Je l’ai exposé à travers Maître Eckhart, Ibn’Arabi, Silesius et d’autres, pourtant tous prisonniers de leur tradition respective, et tout à coup affranchis, parvenus à la vérité unique, vivante, transpersonnelle, transhistorique. La preuve, c’est encore une question qui gratte, j’en parle dès la prochaine fois.

Expertise : « Êtes-vous éveillé ? »

Nous vivons au temps de l’expertise, l’excellence étant requise en la matière, si possible. Autant dire, au temps de la publicité reine et de la démagogie, mais ce n’est pas vraiment mon propos… « Êtes-vous éveillé ? » C’est la question que m’a posée une personne nouvellement rencontrée et qui commençait à me lire. Ma réponse fut « non » bien entendu et je perdis aussitôt, définitivement, tout crédit à ses yeux. Depuis, je continue d’explorer, d’approfondir, de témoigner aussi ce qui appartient à une démarche qu’on qualifie traditionnellement de ‘philosophique’, un mot bien simple et que tout le monde connaît – enfin, presque – à condition de bien distinguer philosophie vivante et enseignement de philosophie. Et encore philo-sophe, pourquoi seulement philo- ? Je préfèrerai préciser que je me préoccupe de gnoséologie, un mot malheureusement pas plus facile à déchiffrer : de comparaisons dans le domaine si particulier de la connaissance de soi … En ajoutant aussitôt que les mots pour cela veulent dire quelque chose, qu’ils ont un sens, qu’ils ne sont pas tous des salivations de raison pure, à recracher sans discernement – et qu’il ne suffira jamais de beaucoup de talent à ‘dire’ quand on n’a rien à ‘dire’, ce qui est le cas de la plupart des ‘professionnels’ de la chose. Mais qu’il ne faudra pas non plus se priver de ‘dire’, de ‘confesser’, ‘attester’, avec les mots choisis pour cela, afin de marquer ce qui a été trouvé, découvert.

Mais voilà comme vont les choses. L’éveil est d’abord une référence d’origine extrême-orientale qui a été adoptée chez nous parce qu’elle est étrangère à toute rigueur intellectuelle, toute cohérence, libre des cadres ou contraintes du ‘mental’ qui nous égare dans tous les cas. Dans ce cas, à l’extrême limite, l’éveil est libre de recherche et ne peut survenir que si la recherche cesse, et même, si on la rejette, si on cesse de considérer ses obligations comme un préalable, si toute pensée est reniée. Je sens, quant à moi, les choses un peu autrement. L’éveil, ou plutôt, comme je l’ai précisé, la réalisation, consiste à effacer, dissoudre, sans laisser de trace – ceci venant de moi ou d’autrui, car il ne faut pas négliger l’empreinte, la salissure imprimée en moi par autrui-cet-autre-moi-même, dans ce cas, mensonge engendré du mensonge, erreur de l’erreur etc… – TOUT CE QUI EST FAUX ! Il faut entendre par là tout ce qui est non seulement contraire à raison ou expérience, mais tout ce qui leur est exclusivement soumis, en apparence ; et en réalité, contradictoire, aporétique, pour ne pas dire infirme, sujet au doute et finalement à l’anéantissement. Geste immédiat. Sans intention. Est-ce possible ? N’y faut-il pas une éducation, une culture, peut-être même un apprentissage. Oui, je le crois, je veux le dire ici tout net. Et même je dirais une culture, un apprentissage spécifiquement philosophique ! Mais avant, il faut cette disposition d’une ouverture possible à la lumière pure, le ‘fond’ invariable où le moi se donne à lui-même en s’accordant valeur de témoin, sans qui rien n’arrive, ni se constate ni s’enregistre. Je l’ai appelé curiosité, cet élan, et scrupule, ce frein, et des amis malicieux m’avaient dit : une certaine forme de ‘foi’, ce mot-là dont j’ignore bien ce qu’il veut dire.

S’il me fallait une référence orientale pour mieux convaincre mes amis, je citerai l’oeuvre de Krishnamurti, ses conférences des années 60, poussons jusqu’à la fin de l’ère Saanen, avant qu’il ne passe à  une idéologie plus ou moins naturaliste et évolutionniste sous l’influence de scientifiques bien connus. Dans ce cas, « tout ce qui est faux » renvoie à la mise à nu d’un égoïsme profondément enfoui, enraciné en nous, désir fou qui se manifeste par une avidité et une peur déguisées en idéalismes taillés à la mesure de chacun : y compris cette prétendue ‘spiritualité’… On s’aperçoit pourtant rapidement que cette démarche qui est celle, traditionnelle, de la voie négative, découvre à la pointe d’ultimes discriminations : ‘Cela’, qui se tient au commencement, une pureté qui ne s’est pas entièrement polluée par les épreuves de la vie et par les vicissitudes de l’ignorance, les dressages à fin de falsification – ce que j’ai appelé un ‘fond’, d’autres, une ‘tonalité’ qui ne se réduit à rien et qui rend ‘tout’ si présent, si réel… Une irrécusable moïté – mais il faut bien le ‘dire’ le désigner, ce qui ne se dit pas (à quoi bon ?) mais s’éprouve ! 

‘Cela’ s’éprouve aussi par des sentiments très humains : sincérité, innocence, et même bonté, générosité, une qualité si particulière et méconnue comme la vulnérabilité, une ouverture sans calcul, une compassion sans intention. C’est aussi le contraire d’une naïveté, et pour jouer mot contre mot, d’une fragilité ou d’une corruptibilité. Mais je me garde ici d’aborder le problème moral : je ne veux parler que de discernement et d’une aptitude radicale mais première, native, un primordial de conscience, une orée de vie mentale nimbée d’imputrescible qualité d’être. Cet être que je conjugue à la première personne du singulier et qui semble le premier principe, l’incontestable, l’invariable ; valeur jaillissante, indéclinable. Maintenant il est évident que la connaissance est la morale, la seule, ‘sans obligation ni sanction’ comme on l’a dit. Toute morale n’est vraie qu’à la lueur d’une lucidité. 

C’est ainsi que je peux apporter cette ultime précision. Vous n’êtes pas éveillé, vous veillez, oui, tout le temps… Vous vous rendez compte que le prétendu éveil est une vulgarisation à bon marché, un produit de spiritualité-fiction, un concept, une ‘vache sacrée’ typiquement ‘moderne’. Vous aspirez plus que tout à connaître, purement ; comprendre, tout. Et parce que c’est une visée personnelle, existentielle, vous tendez à la possession, à la maîtrise de vous-même, mais sereinement, avec tendresse même, sans condamnation ni mépris de rien ni personne, sans violence ni répression. Vous dites ‘non’, ‘oui’, vous choisissez (et il s’agit d’élection dans ce cas) mais c’est toujours en consentement à une unique valeur de vérité, toujours un acte d’amour, de bienveillance, de sollicitude, au plus près de ce qui arrive maintenant. Je le répète : vous n’êtes pas éveillé, vous veillez – c’est un acte, impliquant toute votre personne effectivement, de façon alerte et avec vigueur ; une grâce, une danse tant la vie est devenue légère dans l’immédiateté de soi à soi. Votre état naturel. 

Ainsi vous n’avez plus peur. Vous avez réalisé que vous êtes, que cela oui, ne s’efface pas et que tout arrive parce que vous êtes, parce que l’infini se donne en personne et que tous les ’gestes’ qui le manifestent, parce qu’ils sont les vôtres, vous sacrent comme personne libre et créatrice, et responsable. « Je suis Dieu en personne bien que personne ne soit Dieu ni Dieu (une) personne ». A cet instant, une fois la pensée vidée du béton de ses convictions contradictoires et votre désir en bonne voie, ‘orienté’, la veille lucide vous meut, vous guide, et vous irrigue tout entier de force et volonté. A cet instant, l’inquiétude, c‘est fini… Ma dernière phrase ? Non car je dois souligner que, si cette ascèse n’est pas une longue élaboration et le résultat d’efforts héroïques, un long apprentissage, elle exige de longues explications pour conjurer l’état d’ignorance et de confusion où nous sommes, aujourd’hui comme par le passé. Krisnamurti disait ‘le sérieux’, ‘la passion’ – je dis seulement : ‘la sincérité’, mais pure comme le diamant !

Je demeure

La question mérite bien qu’on se la pose sans se lasser, et qu’on y regarde toujours de plus près quand on croit détenir la réponse. La mémoire est-elle le fondement de ma demeure personnelle, que j’appelle ‘moi’ et qui répond ‘moi’ quand on l’appelle ? Suis-je tout entier la somme et la résultante de ce dont j’ai souvenir, souvenir de ce que j’en ai éprouvé de joie ou chagrin, de plaisir ou douleur, de contentement ou insatisfaction, tous résultats mêlés, confondus en une seule identité composite ? Un paquet assez mal ficelé d’ailleurs : la mémoire a ses trous ici et là – on ne sait pas toujours pourquoi au juste – et ses associations paraissent souvent hasardeuses, la solidité de ses liens fort variable et inégale, un tout pas réellement signifiant sinon qu’il paraisse uniquement régi par le principe (un seul en réalité, non disjoint) du plaisir et de la peur : attirance, répulsion.

Je pose une autre question, une autre hypothèse : n’ai-je pas souvent secoué la tête au réveil pour me débarrasser des images conçues par les pensées folles qui ont couru la nuit et fabriqué leur monde, parfois plaisant, parfois désagréable et même affreux ? Et si le monde que je crois si fermement réel maintenant était un produit identique ? Oh, je sais, avec ces objets si solides, ces personnes si peu comparables à des rêves, malheureusement, figures à tel point opposables à la mienne si démunie et si vulnérable ! Mais si, comme dans le monde du rêve où apparaissent aussi de telles situations et de tels personnages, tout était faux ? C’est cette hypothèse que je retiens. À moi maintenant de prendre mon courage à deux mains et de dire ‘non’ à tout, en déréalisant totalement le rassemblement des spectres qui me terrorisent, et parmi eux, moi cet ersatz, le plus irrespectueux de moi-même, non-moi, contre-moi ! Mais comment ?

Je l’ai dit tant de fois, et je me le répète à moi-même dans l’exercice de cette épuration quotidienne de désensorcellement, de réduction à néant de toute image obsessionnelle, dragon de carton, usurpateur bluffeur. Tyran, malheureusement. Ce n’est pas un seul procédé d’analyse et de rejet, une mécanique longue à pratiquer et à régler, au contraire. C’est porter son regard au commencement, et au fond, je ne parle pas de profondeur, mais d’une ‘couleur’ de fond comme dans un tableau, une certaine tonalité qui se perçoit à peine et rend tout si réel, qui autorise tout, supporte tout, et, rendue à soi-même et en soi-même paraît l’essence immuable de tout ce qui passe. On a dit souvent ‘présence’ sans savoir ni préciser si c’est la présence des choses, à ce point irrévocable en apparence, qui me rend moi-même réel comme sujet d’expérience, ou ma présence qui autorise l’apparition des choses, cette conscience qu’on a qualifiée d’intentionnelle ou même un milieu de vie plus infini – probablement infini – où se crée inexplicablement cette comparution d’un spectacle et de son spectateur. Et on a dit : « tout est conscience… » Mais sans la garantie de mon témoignage, de ma déclinaison d’identité aux multiples ‘personnes’ d’une unique expérience à laquelle je me réfère (et faut-il souligner ‘je’ et le pronom réfléchi qui me rapporte à moi-même ?), quel univers prendrait place ?

Je ne suis pas une addition de mémoires. Qu’est-ce qu’un homme ? Je ne sais au juste mais je peux savoir ce que je sais, moi, au foyer de ma conscience vivante, réflexive. Que je suis… Je ne m’éprouve pas en abstraction mais dans la réalité absolue d’une évidence plus forte que tout : un antécédent absolu. Ni définition ni conviction : acte, conjugaison d’être à la première personne du singulier de tous les modes imaginables, de tous les possibles. Pour quoi j’ai écrit déjà : Deus… sive persona , c’est plus sûr que l’impersonnelle, globale Natura posée par Spinoza. Singulier et ordinaire, parmi les hommes ; vivant, présent, éveillé – où se tient ce que nous devons nous autoriser à appeler ‘miracle’ – une individualité en connaissance et amour de soi-même comme être singulier etc… je me répète. Réitération, comme moi l’unique égal à moi. Une souveraineté éprouvée en enfance – sans doute – perdue ? Recouvrable, naturellement, au simple prix de l’attention à présent même de (ce) qui est présent maintenant. Moi au nom innombrable. Moi ici, le Seul.

Un homme, Philip Roth

C’est le titre d’un livre de Philip Roth (poche/folio 2009). J’y ai relevé ceci : « Mais combien de temps l’homme peut-il passer à se rappeler le meilleur de l’enfance ? Et s’il profitait plutôt du meilleur de la vieillesse ? À moins que le meilleur de la vieillesse ne soit justement cette nostalgie du meilleur de l’enfance… » Étrange balancement à la recherche du temps perdu, en pure perte de temps. Et qu’est-ce que le meilleur de l’enfance ? On l’a dit et c’est un air connu : l’innocence, cette saveur dont on garde un souvenir vif, parce que c’est l’absence de toute inquiétude, une légèreté qu’on n’éprouve plus ; le sentiment précis, aigu, quoique peu défini ou explicite, qu’aucune menace ne pointait, que le temps et la perte n’étaient pas encore (des ennemis connus). Un bonheur total, mais à tel point qu’on ne savait pas, une jouissance, mais douce, sans âpreté ni violence. C’est cela la recherche du vieil homme usé, corps malade et mémoire blessée. Mais qui sait au juste la nature de ce mal, de ce mal-être, et la qualité de cette innocence méconnue jadis et désormais perdue ?

Maintenant. Est-il plusieurs ‘maintenant’, plusieurs catégories d’instant que l’âge détermine, et la mémoire, qui semble seule mesure de notre être personnel ? Cet instant, maintenant, n’est-il pas possible de déceler, d’observer, cet atome de nocivité pure qui obère un bonheur aussi éclatant que celui d’hier ? S’agit-il de tout ce qu’il est advenu à l’entité moi, et qui continue d’advenir dans ce mouvement ininterrompu de vie ? Je veux dire : s’agit-il d’un élément étranger qui s’imprime en moi, marque du temps et du souvenir, et qui me souille après m’avoir éprouvé sous les formes différentes du plaisir et de la peine? Ou s’agit-il d’une émotion plus particulière, la souffrance d’un regard qui obvie du sentiment unique d’être sujet, vivant conscient, qui s’aliène et s’aveugle au contact d’objets étrangers et menaçants, devenu vulnérable et si lourd, finalement un usurpateur d’identité, un non-moi ?

Maintenant. Est-il plusieurs ‘maintenant’, plusieurs catégories d’instants que l’âge seul détermine, et la mémoire, ce fardeau ? N’est-il pas possible d’observer exactement ce qui pollue l’instant présent, aujourd’hui, un jour éprouvé si loin du bonheur d’hier ? N’est-il pas possible de savourer un instant pur, de pure qualité de présence qui s’appellerait ‘moi’ avant tout ce qu’il est advenu à moi, moi avant le temps, moi créateur de moi dans ce mouvement ininterrompu de vie ? La réponse, je suppose, se tient dans la qualité d’une attention à soi très aiguë, une sincérité sans mélange, l’authenticité de la question de ma pure antécédence. Et d’ailleurs, a-t-on jamais peur en ‘y’ voyant plus clair en soi-même ? Remarque : le plaisir n’est jamais garanti, cela devrait aller de soi. Et l’enfance était bonheur, nudité de bonheur, et non plaisir. Je l’ai dit trop vite et je ne vais pas pouvoir me corriger : un bonheur nu, d’être, de pur consentement, originellement sauf d’inquiétude et de peur. Un bonheur d’avant mémoire, d’avant choix ; une dimension temporelle, préalable à toute expérience, mais si vierge et si propre que ce maintenant sans âge s’éprouve comme santé et lumière, éternité éprouvée au moment passant et gardée au souvenir des commencements, le ‘meilleur de l’enfance’… Il n’y a pas de ‘meilleur’ de la vie : seulement l’instant unique où je me sais moi-même plus que moi-même et le ‘meilleur de la vieillesse’ serait, je crois, uniquement, si c’est possible, la confirmation de cet instant qui ne s’enfouit pas sous les cendres du souvenir.