À fin de ‘le’ dire : cinq poèmes de Mireille Oillet

TRACE…

Sous le fard des grimaces

le sourire ingénu

d’un verbe musicien

trace

en notes aériennes

comme une symphonie

sans cesse improvisée…

depuis toujours

cette candeur est mienne

portées cent fois écrites

et cent fois effacées

ma veille garde intact

 le fin nectar

des songes nourriciers

le miel divin

perlant, en sons subtils,

d’un silence habité

depuis toujours

cette musique est mienne

rythmes cent fois saisis

et cent fois envolés

seuls irradient les signes

de l’infinie présence

non encore altérés

d’humaines dissonances,

plain-chant étincelant

à ma voix accordé

Comme une symphonie

sans cesse improvisée

en notes aériennes

le sourire ingénu

d’un verbe musicien

trace

jamais perdue…

VAGUES

À rassembler

des mots

en phrases de nuages

résistant mollement

à l’épreuve du vent

à créer

des espaces

en forme de chimères

lentement englouties

sous les sables mouvants

à épuiser

le suc

des espoirs désolés

à nourrir

l’amertume

d’illusions fanées

je demeurais

en fuite et en danger de vie

car en pouvoir d’aimer…

Quand le flot

tout soudain

trop longtemps endigué

déversa sa fureur

en vagues

de lumière

PRÉSENCE

Présence à moi-même

tout m’est présence…

une fois traversée

l’eau glauque des miroirs,

rendue sans résister

à ma propre évidence

je suis

dans la chair vive de l’instant ébloui

le cristal d’un regard

que colorent les songes,

lents rêves de saisons

aux fruits gorgés d’odeurs

distillés dans ma bouche

en pure action de grâces

je suis

l’écho tremblant aux sources du silence

quand perlent les murmures

de l’unique parole,

dans mon souffle mouvant

naissent et meurent les mondes

jaillissent les matins

dans le reflux des soirs

je suis

du simple geste la source révélée

le miracle flambant

dans le reflet des formes,

mûre explosion de sens

toujours recommencée

renaissant d’elle-même

tel phénix de ses cendres

la Vie

PRÉSENCE ENCORE…

Là où perlent les mots

en écho cristallin

sans l’ombre même

d’un assentiment ou d’un refus,

dans l’aura imprécise du songe éveillé

je me tiens

pointe aiguë au vif d’un regard neuf

impalpable présence

secret éclat rieur…

je sais

de ne pas savoir

il était une clef, il n’est plus de porte

plus rien de solide, de lourd, de résistant

par une sorte d’intime transparence

moi allégé en moi

nul espace chargé de sens

seul, l’éclair des signes…

et pour lier

la gerbe étincelante

le babil d’un enfant

jouant nu au soleil

en pleine indifférence,

heureux du sable des chimères

riche d’être

tout simplement

nourri d’azur

vêtu de vent

PRINTEMPS

Je me suis tue

regard livré

à l’espace liquide

abandonnant mon pas

au rythme des chemins

j’ai bu

uniquement

les souffles amoureux

sur les lèvres du vent

et la lumière éclose

au coeur des primevères…

les mauves et les bleus

cédaient au vert acide

l’instant étincelait

des splendeurs d’un silence

peuplé de mille échos…

je me suis tue

rendue soudain

à la voix sans paroles

au mystère

sans mots

            

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