Poème à trois voix

Publié dans Connaissance du matin le 06.06.07

Une spiritualité de la poésie, je la trouve chez maints poètes et je ne peux tous les citer : une expérience plus explicitement liée à une transcendance capable de joindre magiquement moi et monde, visible et invisible, je la trouve chez Char, Pessoa, de Chazal, Juarroz, inspirations contrastées et langues singulières… Il existe aussi des poèmes et des poètes secrets, comme les anonymes du temps passé, qui savent que cette parole, même dite une seule fois, proposée souvent à une lecture fraternelle, demeure leur aveu intime, non d’un tourment affectif, mais de cette relation amoureuse à tout ce qui est, toute beauté enfouie et offerte pourtant. Le poème devient ici le chant gardé, pudique et lumineux, du sacre de la création. Ainsi ce poème de Mireille Oillet.

ESPACE DU POÈME

… à trois voix

 

1/ Tissé d’azur et de lumière / au temps désert, verbe fécond / mâle fleur de désillusion / éclose au ventre des ténèbres / au lieu désert, regard fécond / poème de pure intuition / infusé aux sources premières / au point désert, souffle fécond / éclat d’azur et de lumière

2/ Tapie sous l’aile de la feuille / en contemplation / l’oeil nu de la source / pour toute équation

3/ Noble in-différence / vêtue d’illusion / dans ton regard danse / un monde en fusion… un sourire étrange / comme inhabité / attire et dérange / en sa vacuité… ta main nonchalante / effeuille le temps / sur la vague chante / le souffle des vents

Comprendre la poésie

Publié dans Connaissance du matin le 05.06 2007

Je suis fâché que le déroulement de mes notes ait peu à peu adopté ce plan scolaire. Abordant un nouveau ‘chapitre’, celui de la poésie, je crains que le propos ne devienne finalement banal, ennuyeux, et provoque la désertion du lecteur, sans retour. Il m’est donc venu l’idée de traiter le sujet par l’antithèse : la banalité précisément, pour simplement montrer que la poésie que j’envisage n’est ni une simple écriture, ni un style, mais l’expérience la plus profonde de la vie, quoiqu’en même temps la plus quotidienne. Mais Comprendre la poésie s’est encore imposé, parce qu’il s’agit toujours de comprendre : pourquoi cette écriture, d’où cette inspiration ? et qu’un récent livre (1) a pu rappeler et renouveler ces interrogations, prouvant ainsi qu’elles restaient d’actualité.

Relisant mes notes ou me rapportant à des textes gardés en référence, je me suis aperçu que cette sempiternelle confrontation opposant écriture poétique et prose, discours métaphorique et discours conceptuel, banal ou savant, alimentait le débat de fond et que c’est son approfondissement, chaque fois, qui autorisait, en partie du moins, une échappée vers le toujours neuf, surprenant espace poétique. C’est ainsi que procède Henry Meschonnic, philosophe et poète lui-même, dans ses articles très éclairants de l’Encyclopédie Philosophique Universelle (2). Il constate qu’il n’y a pas de poésie qui parle une langue pour tous, pas de poésie aisée à comprendre, et que la question de fond demeure celle de la conjonction du signe et du sens. Mais si de cette façon, la poésie est une critique du signe, la philosophie au contraire s’y inscrit. Il peut critiquer à la fois Heidegger qui voit dans la langue poétique s’exposer une origine, l’essence même de la vérité ; et Croce, à l’opposé, qui proclame un spiritualisme de l’intuition unique et totale, radicalement étrangère aux mots. Nous tournons en rond, semble-t-il, à moins de reconnaître que la poésie est à la fois langue et sens, à jamais éloignée du commun, du bons sens, langue et sens s’inventant, se procréant mutuellement.

Les livres sur la poésie ne se comptent pas (3), et je n’ignore pas que la voix poétique est plurielle, reflétant depuis toujours la diversité des cultures et des civilisations, si bien que je ne pourrai la dénombrer… Je suis à nouveau contraint de revenir à la problématique opposant l’Académie et le Lycée : Platon, à la fois couronnant et chassant le poète de la cité, poète accusé de dire l’inconvenant, artiste malhabile à copier la nature plus douée à imiter les Idées; et Aristote, proposant une codification de l’exercice poétique, une rhétorique finalement, qu’il croit devoir soumettre à une certaine forme de mimesis dont j’ai déjà dit qu’elle semblait impossible, un fantasme… On imite dans l’ordre de la réalité matérielle. De l’être à l’étant, il y a un autre rapport, mais lequel ? Les livres de la Métaphysique d’Aristote ont été classés après ceux traitant de la Physique : on a cru y voir l’établissement d’une hiérarchie. Heidegger, en Allemagne, Aubenque, en France, ont prouvé qu’il n’en était rien et que la Physique se posait la première en questionnant l’apparition du monde quand la Métaphysique, question de l’être, questionnait la possiblité de l’apparition du monde. La poétique serait-elle le questionnement qui outrepasse les règles de la logique et de la rhétorique pour favoriser un autre discours du monde ? Après Meschonnic, Julia Kristeva (2) développe un aperçu différent en analysant le procès du sujet, de Mallarmé à Lautréamont. Elle y voit contradictoirement se profiler les totalitarismes du siècle suivant alors que c’était la représentation volontaire d’un individualisme obsédé d’objectivité qui était dénoncé. Question de lecture. Elle signale que d’autres chercheurs (Dilthey) tireront alors la poétique vers la psycholologie. Mais tous ces efforts signifient-ils que la poétique prend naissance d’une autre épreuve du monde où Physique, Métaphysique n’accèdent pas, épreuve moi-monde plus qu’expérience ordinaire ?

Nous y sommes : la poésie tente, dans la langue qu’elle s’invente à dessein, ce que le langage du bon sens ne parvient ni à montrer ni à révéler, que la réalité n’a pas la platitude d’un étant simplement mesurable, mais plutôt l’épaisseur, la complexité de ce qui s’éprouve au coeur de l’intériorité secrète d’un moi où se nourrit, s’accroît ma vie. Dans sa forme, l’oeuvre va se détacher des normes classiques de l’alexandrin, de la perspective, du système tonal, mais ce choix ne sera pas décisif car la médiocrité, l’opportunisme pourront encore s’en emparer pour nous égarer, ce qui semble bien le travers d’un art qui se veut spectaculairement ‘contemporain’. Une grande, vraie poésie, comme une grande musique, comme le Gille de Watteau, é-meut l’être personnel au plus profond, l’éveille, le transforme, le grandit et l’entraîne à l’excès. S’excéder soi-même, c’est traverser une parole, une pensée de l’Infini à laquelle je peux m’accorder, comme un instrument. J’inverse cette constitution native qui m’attachait au principe plaisir/douleur sensoriel, à la soumission de l’empirique. Les conditions dont j’ai déjà tant parlé ne sont pas méprisables, au contraire, et l’art ne les déprécie pas plus qu’il ne les fuit. Il en fait plutôt l’occasion d’une traduction jusque là inconcevable de la valeur. Dépassant aussi la forme, même la plus solennelle, la plus révérée, il désigne un sens inaperçu des choses, esquisse le geste du dévoilement où mon émotion saura lire le simple et l’ultime. J’ai souvent écrit moi-monde : ici l’image de l’instrument va mieux pour dire parole et langue accordées à moi, en moi, pour chanter le secret.

Ce qui semble tragiquement ignoré aujourd’hui, dépris jusqu’au refoulement et l’amputation volontaire, c’est cet autre sentiment du moi, évidemment pas celui qui reste obnubilé par son bien-être psychologique, mais ce ‘moi’ qui se déborde et se métamorphose aux lueurs d’une origine inconnue de son histoire. Quand Rimbaud évoque l’état primitif d’un ‘fils de soleil’, ce n’est pas un état impersonnel, mais une transfiguration, la conversion du régime naturel à la condition de Fils, Régent de la Création. Je renvoie à mes interprétations d’Ibn’Arabi et Maître Eckhart, à Jean Scot Erigène, Maxime le Confesseur déjà cités… Certes, on a pu dire : ‘si le grain ne meurt…’ mais les Anciens savaient combien la métaphore peut se révéler trompeuse, car c’est la substance même du grain qui a muté pour devenir épi, pain, pain de Vie ! On trouve étrangement aujourd’hui cette espèce de confusion, à moins que ce ne soit une fraude intellectuelle, liant une conception issue de l’anthropologie athée qui avait envahi la pensée française, et la révélation orientale d’un néant du moi. Je ne veux pas en accuser Fabrice Midal, mais tout son Traité de la modernité dans l’art veut manifestement tirer celle-ci vers une sorte d’extinction bouddhique du moi. Comment un philosophe peut-il confondre encore introspection et réflexion, subjectivité et intériorité, culte du moi et initiation. J’ai déjà opposé un concept d’éveil oriental à celui d’éveil occidental : je peux ajouter aujourd’hui que le poète, en témoignant de soi, se déclare témoin du Seul. Les Anciens parlaient d’anagogie ; Baudelaire, de correspondances ; j’ai tenté de le préciser par la formule de l’Un en deux. Vivant. Mais c’est vrai aussi, il n’y a pas deux ‘moi’, la créature est pur néant (Maître Eckhart), une bourde (Stephen Jourdain) aux conséquences figées par la peur, la paresse, l’habitude.

La poésie favorise une nouvelle conjonction du sens et des sens : elle réconcilie en favorisant l’élan d’une libération de toutes les couleurs oubliées, des saveurs perdues. Elle veut réanimer une mémoire assoupie, délivrer la sensibilité atrophiée par l’abrutissement d’une éducation conformiste, irriguer une espérance lucide et généreuse. Elle se garde bien de créer une langue capable de façonner de nouvelles idoles : c’est pourquoi elle se garde des conclusions et vérités affirmatives, campe au royaume paradoxal . Elle enchante, mais en délivrant, et son ivresse, ses prodigalités sont uniquement celles d’une liberté capable de m’unir à toutes choses et aux êtres, par amour et non savoir. Elle veut une neuve présentation et non la répétition des représentations usées, fût-ce au prix de ce ravalement où excellent les commis du pouvoir. La poésie est rebelle, révolutionnaire au sens propre, renvoyant au pur antécédent de ce qui existe, Absolu désireux pourtant de se révéler pour nous et par nous. Ce que j’ai appelé co-naissance. Le mensonge et l’imposture institutionnels ont intérêt à l’exclure, ce que semble avouer Platon. La poésie est inacceptable ! Comprendre la poésie n’est donc pas la comprendre, mais vivifier une unique figure du Seul qui opère sa metanoïa (chez Plotin, retournement et parachèvement de la procession) ; c’est accéder à l’être, autrement dit à soi-même, difficile, rare et périlleux voyage.(4)

(1) Christian Doumet : Faut-il comprendre la poésie ? Klincksieck 2004

(2) Encyclopédie Philosophique Universelle (PUF) : Le Discours philosophique, articles d’Henry Meschonnic (La poétique) et Julia Kristeva (La révolution du langage poétique)

(3) Je préfère ici renvoyer à l’abondante bibliographie de Christian Doumet. J’y ajouterai : Jean-Marie Gleize, A noir, Poésie et littéralité, essai/Seuil 1992

(4) Les Anthologies d’A. Gide ou de G. Pompidou (en Livres de poche) me semblent vieillies, pas celle de Robert Sabatier (Albin Michel). La plus récente et la plus complète, je crois, serait celle de Poésie/gallimard (édition de J-B Para, avec une préface de Jorge Semprun) mais elle n’offre aucune présentation des poètes choisis, ce que Sabatier fait à merveille.

Juste un instant (12) : Rafal Blechacz

Je ne m’en remets pas : pour une émotion, c’en était une, un coup de coeur comme on dit, mais un coup de coeur à vous faire mal vraiment tant l’émotion est forte. Je viens d’écouter ce dimanche soir sur Arte la transmission d’un concert donné à Hambourg par Rafal Blechacz : une Ballade, des Mazurkas (dont la 4ème, opus 17) et la Polonaise-Fantaisie opus 61. Une découverte renversante pour moi. J’aime Chopin, passionnément, je le tiens pour un grand, ce qui n’a pas toujours été l’avis de tout le monde, et j’aime ses interprètes, ceux qui parviennent à traduire sa fougue, sa générosité, et aussi sa mélancolie, la délicatesse de ses sentiments si pudiquement maîtrisés ; noblesse, distinction, raffinement, retenue et grande expressivité… J’ai trouvé tout cela chez Rafal Blechacz, entièrement vrai, entièrement perceptible, bouleversant.

Le beauté des mains et le raffinement du jeu : son héroisme mesuré et sa délicatesse musicale, chaque note sur le piano comme un enchantement, un feu du ciel éclairant sans brûler, une respiration très ample et très souple, une légèreté presque vaporeuse et la force sereine ; je dirais comme celle d’un intellect vivant, association clairement perçue de la plus haute intelligence et de la plus profonde sensibilité. Avec élégance, je répète, une maîtrise et une amplitude de voix résonnant comme un infini – sereinement. Qui avais-je entendu auparavant ? Tous. Je n’oublierai jamais, j’avais 17 ans, deux concerts à Alger, le premier avec Jose Iturbi, le second avec Samson François. On ne savait plus à quel saint se vouer, on était fous, on comparait bien sûr, mais que signifie ‘comparer’ lorsque de tels chants poétiques s’élèvent, qui vous arrachent à vous-mêmes mais pour vous rendre plus humains, avec un goût de véracité jusqu’alors inconnu, une promesse d’éternité accordée par cette rencontre vivante, unique et pourtant inoubliable, avec la valeur.

Je les ai tous entendus , les Rubinstein, Benedetti-Michelangelli, Magaloff, Pollini, Argerich, Pogorelich, Zimmerman, dernièrement Kissin qui jouait le deuxième concerto avec des foucades trop russiennes à mon goût, et dernièrement Nelson Freire, la noblesse virile d’un tempérament dompté et fidèle… Et Rafal Blechacz vint. En un mot ou deux ? L’essence de l’art pianistique, c’est à dire, naturellement, Chopin.

J’ai eu la surprise de constater que notre jeune pianiste – il n’a que 25 ans – était bien présent sur Internet. Bel article sur Wikipedia qui donne en liens externes le site de Rafal lui-même ; on peut le consulter en anglais. Et les quelques courts extraits d’enregistrements filmés que propose You Tube. C’est formidable !

PS (lundi matin) : Voilà qu’on m’écrit de partout : « Mais comment, vous ne connaissiez pas Rafal Blechacz, un mélomane comme vous ? » Non… Qui me connaît sait que je sors rarement de mon temple, les sonates de Beethoven ; des fois pour aller au temple d’à côté, les sonates de Schubert. Et une excursion, à la rigueur, vers une symphonie de Bruckner. C’est tout, et je m’en repens.

L’art qui nous fait signe(s) – 3 : Whistler par Mallarmé

Paru dans Connaissance du matin le 07.01.2009

James A. McNeill Whistler – 1834/1903- peintre américain, a beaucoup vécu en Europe où il a fréquenté écrivains et peintres célèbres. Ce qu’on appelait à l’époque un dandy. Il est l’auteur d’incomparables Nocturnes, dont le Nocturne en noir et or. La Fusée qui retombe, un des plus beaux tableaux du monde, un des plus inspirés, tableau également célèbre aussi pour être à l’origine d’un fameux procès opposant le peintre au critique d’art Ruskin qui l’avait diffamé.

numeriser0012.1267871844.jpg Whistler : Nocturne, la fusée qui retombe, 1875

J’ai trouvé dans la belle biographie écrite par Patrick Chaleyssin la citation d’un portrait de Whistler écrit par Mallarmé qui l’avait bien connu et admiré. À votre tour de lire : “Si extérieurement, il est, interroge-t-on mal, l’homme de sa peinture – au contraire, d’abord, en ce sens qu’une oeuvre comme la sienne innée, éternelle, rend de la beauté, le secret ; joue au miracle et nie le signataire.

Un monsieur rare, prince en quelque chose, artiste décidément désigne que c’est lui, Whistler, d’ensemble comme il peint toute la personne… Stature petite, à qui la veut voir ainsi, hautaine, égalant la tête tourmentée, savante, jolie ; et rentre dans l’obsession de ses toiles. Le temps de provoquer !

L’enchanteur d’une oeuvre de mystère close comme la perfection, où notre cohue passerait même sans hostilité, a compris le devoir de sa présence. Interrompre cela par quelque furie de bravoure jusqu’à défier le silence entier composant le maintien, pour peu, sans rien perdre de grâce, éclate en un vital sarcasme qui aggrave l’habit noir, ici au miroitement de linge comme siffle le rire et présente à des contemporains devant l’exception d’art souveraine, ce que juste, de l’auteur, eux doivent connaître, le ténébreux d’autant qu’apparu gardien d’un génie, auprès comme Dragon, guerroyant, exultant, précieux, mondain. »

J’insiste bien : Mallarmé dixit. Dans le journal Divagation (1896)

numeriser0013.1267871859.jpg Whistler, Nocture, Crémorne, 1872 

L’art qui nous fait signe(s) – 2 : Turner, Paris 2004

Le nouveau Turner est arrivé ! Plus exactement la nouvelle rétrospective, au Grand Palais, qui propose : Turner et ses peintres, ses modèles si longuement contemplés dans les musées où il a puisé ses inspirations de débutant. Déjà la foule s’y presse, les livres s’amoncellent dans les librairies (Camus a reculé du coup !), la télé en parle (elle parle beaucoup de Chopin aussi, surprise !) et les journaux ont même leurs articles agrémentés de nombreux commentaires. J’en ai lu beaucoup et là est mon étonnement. Les lecteurs se plaignent évidemment de la presse autour des tableaux devenus difficilement accessibles, mais certains témoignent de leur déception. Turner décevrait à côté des grands Anciens  : Le Lorrain et Poussin qu’il a (trop ?) fidèlement copiés ; Turner ne paraîtrait plus, à côté de Monet, un vrai précurseur de l’Impressionnisme, ni, à côté de Rothko, un vrai précurseur de l’abstraction ! Je m’en étonne et j’attends d’aller voir moi-même, j’ai mes billets pour la mi-mai ! Et en attendant, voilà l’étrange de mon sujet, j’en reviens à l’exposition de 2004/05, grâce au catalogue de la RMN que j’ai retrouvé, où se comparaient alors Turner, Whistler et Monet. D’un premier coup d’oeil, il me semble que la perspective, en s’inversant, est meilleure…

numeriser0007.1267868889.jpg Turner, Venise, San Georgio Maggiore, 1840

D’abord Turner et Whistler. Ils ne se sont pas rencontrés mais comme personne n’en doute, Whistler se lit dans Turner, le meilleur de Whistler, Whistler révolutionnaire et ouvertement impressionniste, Whistler en pleine bagarre avec Ruskin. Quelle histoire ! Ruskin, le célèbre critique et historien d’art anglais (1819-1900), a passé sa vie à encenser Turner, le consacrant même le plus grand maître de la tradition anglaise. Plus tard, lorsque Turner fait évoluer sa peinture vers des ‘floutés’ de plus en plus imprécis, s’engageant dans ce ‘mal fini’ qui est à l’origine d’une polémique sans fin, extrêmement violente, Ruskin le déclarera ouvertement ‘fou’ et traître, c’était le plus grave, à la tradition d’école anglaise dont il l’avait précédemment déclaré champion. En prenant partie pour les peintres préraphaélites, Burnes-Jones notamment, Ruskin ne pouvait que s’éloigner du dernier Turner, et détester Whistler. On peut aujourd’hui apprécier…. Cette relation triangulaire, au plan de l’idéal, puisque ses protagonistes ne se sont jamais rencontrés, pas même je crois Ruskin et Whistler ; des plus passionnée, en dit long des conflits qui pouvaient opposer entre eux les artistes ou leurs défenseurs à cette époque, jusqu’à des procès, des duels, et des ruptures aux conséquenses les plus dramatiques. Mais c’est un fait, les Nocturnes de Whistler, d’abord appelés Clairs de lune, paysage de la Tamise la nuit, les chefs d’oeuvre de Whistler tant attaqués par Ruskin, sont directement inspirés des travaux de Turner. Whistler alla même, comme son illustre prédécesseur, voyager en barque (avec le fils même du nautonier de Turner), les nuits éclairées de lune sur la Tamise, ou le plus souvent noyées de smog… Ce sont les Français, plus tard, Mallarmé et Monet, chacun dans son registre propre de création artistique, qui accompagneront Whistler, l’Impressionnisme auquel il s’était rangé, à ce degré qui fait toujours l’admiration de la postérité. Mais c’est à souligner une bonne fois, la critique est souvent reprise contre Turner, et par nos Français mêmes : « Il veut peindre la lumière, pas la couleur, et y perd les formes par trop de couleurs… » Critiques évidemment adressées bien plus à sa peinture qu’à ses aquarelles.

numeriser0006.1267868868.jpg Whistler, Venise, Nocturne 1879  

numeriser0008.1267868908.jpg Monet, Venise, 1908

Mais voilà, Ruskin, prétendant défendre la tradition anglaise, s’attaque d’abord au Turner vieillissant, des réserves assez sévères pour qu’on les interprète ainsi, puis au jeune Whistler qui, pour proclamer son indépendance et sa nouveauté, va contester à son tour l’importance de Turner, le reniant quasiment même. C’est vraiment très dramatique, le noeud étant ce fameux procès intenté par Whistler à Ruskin qui avait écrit de la fameuse ‘Fusée qui retombe’, un des Six Nocturnes saisis à Crémone Gardens, qu’elle était comme un « pot de peinture jeté à la face du public » ! Et il faut s’imaginer cette dispute d’avocats même, devant un juge, non seulement pour départager ce qui relève de la critique esthétique ou de la calomnie, de l’attaque personnelle, mais encore, trancher entre les partisans du ‘mal fini’ ou ‘pas fini’, soit par mépris du public ou incompétence, vulgarité, soit pour la création d’un art nouveau obéïssant à une plus haute sensibilité, libérant plus de beauté jusqu’à entrevoir l’invisible caché ! Tout le débat de l’art moderne, que dis-je, contemporain, à la fin des années 70 du dix-neuvième siècle ! En 1889, en France, c’est Huysmans qui écrira comment voir les Nocturnes : ‘des sites d’atmosphère et d’eau s’étendaient à l’infini (…) nous transportaient sur des véhicules magiques dans des temps irrévolus, dans des limbes. C’était loin de la vie moderne, loin de tout, aux extrêmes confins de la peinture qui semblait s’évaporer en d’invisibles fumées de couleur, sur ces toiles légères. » En France, grâce à Monet, Pissarro – tous deux font le voyage en Angleterre – et quelques autres dont l’Anglais Sisley, ne l’oublions pas, la partie était entièrement gagnée.

numeriser0010.1267868942.jpg Monet, (le célèbre) Impression, soleil levant, 1872

Mallarmé traduisant en français la célèbre conférence de Whistler Ten O’Clock, et les expositions du même à Paris, consacrant la gloire d’un Whistler reconnu non seulement l’égal de Monet (certains diront même : « meilleur que lui ! ») mais successeur à la fois de Courbet et de Corot, ce qui n’était pas du goût de Whistler, toujours défiant lorsqu’on invoquait d’hypothétiques influences. C’est l’avenir, je vais écrire l’à venir qui apportera toutes les plus éclatantes confirmations. Malgré les polémiques toujours vivantes… Gardons en mémoire ces paroles de Mallarmé, toujours contestées – Bonnefoy, on le sait, en a fait son cheval de bataille – ‘Idéalisme qui refuse les matériaux naturels et, comme brutale, une pensée exacte les ordonnant ; pour ne garder de rien que la suggestion (…) Je dis : une fleur ! et, hors de l’oubli où ma voix relègue aucun contour, en tant que quelque chose d’autre que les calices sus, musicalement se lève, idée même et suave, l’absente de tous bouquets.’ Pour nos peintres, c’est le voyage à Venise qui va porter cette esthétique à son plein épanouissement. Après Turner, après Whistler, Monet va aussi à Venise peindre la plus belle ville du monde, ses couchers de soleils, ses brumes (quelle histoire aussi, des brumes de la Tamise et de la Seine à celles de la lagune !!!), ses palais et ses ponts. Les ressemblances ici sont frappantes et l’on voit bien, indiscutablement, que l’abstraction s’impose peu à peu comme la poésie la plus neuve, nécessaire même à ce moment, comme une nouvelle dimension de création, pour une humanité à venir toutefois. Ne parlons plus d’influences. J’aime bien le dire ainsi et le répéter souvent. Les plus grands esprits, les plus grandes inspirations s’abreuvent à une unique source. Beethoven est le premier musicien de jazz et Turner le premier abstrait, et tous deux les plus grands ‘romantiques’ ! Et beaucoup d’aquarelles de Turner, je reviens à lui, vont plus loin que les Nymphéas de Monet dont les ‘séries’ dès le début, enthousiasment Mallarmé. C’est presqu’à la même heure, souvenons-nous aussi, qu’en Allemagne, le jeune Kandinsky peint ses aquarelles totalement non-figuratives.

numeriser0011.1267868960.jpg Turner, Soleil couchant sur un lac, 1845

Aujourd’hui on verra que Turner est grand, non pour ses copies d’anciens, maladroites souvent, serviles peut-être, parfois ; il est grand parce qu’il franchit glorieusement les portes de la figuration et, tenez-vous bien, en peignant le soleil !!! Ce qu’on lui a explicitement reproché, et Whistler lui-même toujours enfoncé dans sa querelle avec Ruskin, préférant les couchers de soleil de « Claude » (Le Lorrain) moins aveuglants !!! Cette année-ci à Paris, à la nouvelle exposition Turner au Grand-Palais, les grincheux diront encore : « Ah Lorrain, Ah Poussin, Ah Constable… » Je veux bien qu’on ait une prédilection pour les ciels et les atmosphères de Constable, de Ruisdaël même, d’accord… Mais il faut reconnaître au génial Anglais que sa traduction en couleurs de la lumière (il avait lu Goethe sans doute) propose une des plus passionnantes révolutions esthétiques de toute l’histoire de l’art : c’est tout l’expressionnisme ‘lyrique’ qui s’annonce, celui de Paris comme celui de New-York. Sans parler du ‘bougé’ ou du ‘tremblant’ de Bacon, le plus illustre des Anglais contemporains, il faut garder mémoire que c’est le ‘mal-fini’ ici incriminé qui fera plus tard la gloire de Cézanne qui ira même jusqu’à s’appliquer, lui, à ne pas ‘finir’ ses dernières oeuvres pour nous prouver, sans doute lui le premier, que l’art n’a pas de ‘fin’ et que ce qui n’a pas de ‘fin’ c’est l’humain en nous, en vérité la marque d’un in-fini.

PS : Dès demain ou après-demain je publierai mon ‘Whistler par Mallarmé’ donné dans Connaissance du matin l’an dernier. 

L’art qui nous fait signe(s) – 1 : Zao Wou-Ki

numeriser0001_1.1267606595.jpg  Zao Wou-Ki : Huile sur toile – 2008 – 114×146 cm

J’avais écrit en conclusion de mon ouvrage La création (1): « Je devrais dire : le poète, dire : ‘je’… Je suis responsable de la lumière où s’expose l’amour désirant le monde, c’est à dire responsable de moi-même oeuvrant, constituant, signifiant aux horizons de l’existence où je me co(n)nais… L’art est une traduction ou une interprétation de la visibilité du monde, de sa réalité physique, et une régénération de la langue, du vocabulaire, constitués pour le récit de la création et de la présentation… En regard d’un monde offert à l’expérience, l’art veut produire une autre perception de ce monde, et du même coup une autre aperception de moi-même… Ne pas effacer l’objet : simplement le désobjectiver, l’extraire de la perception qui en fait une chose et le rendre au règne de la Vie… Parachever la création, sans distorsion ; expliciter la différence, sans séparation : l’absolu en art, surrection de la vie éternelle. » L’art comme exercice magistral de ce que Ibn’Arabi appelait ‘régence’, qui est à la fois garde et exhaussement, magnification, de l’Oeuvre initial, du premier fiat existenciateur. Je vais maintenant suivre un peu la mode, une occasion en vaut bien une autre ; parler ce mois-ci de poésie, mais commencer aujourd’hui par cette nouvelle rubrique, L’art qui nous fait signe(s). J’avais d’abord choisi pour titre : Les peintres de l’excès, mais c’était bien trop restrictif ou trop exclusif, la peinture contemporaine ouvrant des voies qu’on ne peut dans tous les cas catégoriser ainsi. Zao Wou-Ki va à l’extrême, à l’ultime, et c’est bien différent. C’est à peine si j’ai cité son nom quelques fois, et cette fois-ci, je profiterai de la publication d’une nouvelle monographie (2) magnifiquement illustrée, sous la baguette de Dominique de Villepin qui manifeste ici un talent qu’on lui reconnaissait peu. (3) Son texte au titre très évocateur, Dans le labyrinthe des lumières, est suivi de photos d’oeuvres admirablement choisies, des débuts en 1935, en Chine, à aujourd’hui où Zao Wou-ki, âgé, économise un peu ses forces en se limitant à l’aquarelle.

numeriser0002_1.1267606618.jpg Huile sur toile – 2002 – 130×195 cm

Le parcours de la peinture de Zao Wou-Ki est l’itinéraire d’un peintre, d’Orient en Occident, et retour. Ce n’est pas un voyage. Il n’y a pas d’étapes ni de jalons. Il n’a pas suivi de chemin. Des horizons seulement, entre lesquels s’étale le monde. Des directions au principe d’une cosmologie, un parcours solaire pour guider une vie d’homme (…) « Je voulais peindre autrement » écrit-il. La clé, c’est cette altération, ce désir de changement, cette insuffisance de ce qui se fige. Qu’est-il allé chercher en Occident ? Matisse et Picasso (…) Les tableaux d’avant le départ sont comme des appels, comme des réminiscences. Zao Wou-Ki se nourrit, il absorbe tout ce qu’il peut trouver, s’appuyant sur les cartes postales données par son oncle et sur les reproductions des revues américaines. Il se gorge de nouveauté… En 1948, il est à Paris où il rencontre les jeunes maîtres qui feront la fortune du siècle (Hartung, Soulages, de Staël, Vieira da Silva) et même de grands Américains comme Jean-Paul Riopelle et Sam Francis ; et il voyage, en Espagne, Italie, Hollande, Angleterre… Sa découverte de Klee le marque profondément, notamment cette proposition magistrale qu’il trouve dans la Théorie de l’art moderne du maître de Berne : « L’artiste n’accorde pas aux apparences de la nature la même importance contraignante que ses nombreux détracteurs réalistes. Il ne s’y sent pas tellement assujetti, les formes arrêtées ne représentant pas à ses yeux l’essence du processus créateur de la nature ». L’essentiel est dit.

Le voyage d’Occident lui fait tourner le dos aux souvenirs d’Orient. Tous les choix manifestent la volonté de rompre. Zao Wou-ki cherche l’âpreté des couleurs sur la toile épaissie de peinture à l’huile. Il se défie des incertitudes des lavis, du flottement liquide des contours et des coloris. Dans l’art occidental, il semble chercher avant tout ce qui contrarie et ce qui délimite, ce qui peut le libérer des traditions qu’il fuit. Itinéraire tout personnel… C’est pourquoi cette trajectoire le mènera, par une nécessité intérieure, à un lent retour d’Orient. La rupture initiale a pour revers la lente réconciliation d’une vie où Zao Wou-Ki travaille à l’unité du monde. L’Orient reviendra habiter les grandes toiles à l’huile (…) La peinture de Zao Wou-Ki accompagne sa vie et sa pensée. Celles-ci se distinguent à peine l’une de l’autre. Le tableau façonne son concept. Le travail d’atelier le révèle peu à peu. Les tableaux ne surgissent pas du néant, brusquement, facilement, ils en sont extraits patiemment, pendant des mois entiers de reprise et de méditation. C’est pourquoi il y a toujours une part d’expérimentation (…) Où donc est Zao Wou-Ki ? Le voyageur d’Orient est introuvable. À mi-chemin ? Non, il avance dans les failles, les interstices, dans l’impensé du monde, dans le monde dépouillé d’avant les traditions mais avec leurs armes, avec leurs yeux. Un monde rupestre où il convoque le monde d’en-haut et où il fait surgir une nouvelle lumière (…)

numeriser0004_1.1267606654.jpg Hommage à Cézanne – 2005 – 130×145 cm

Son cheminement est celui d’un Turner, dans la répétition du regard, dans le retour de la main. Les sujets deviennent des thèmes. Puis des laboratoires où se distille une lumière pure, une épiphanie de couleurs, remontant le fil du monde jusqu’à la création (…) Nous plongeons vers les paysages essentiels. L’art a conquis le paysage, par des versants différents, en Orient et en Occident. Il a voulu saisir la nature. Sur un versant, la nature objective des êtres juxtaposés, placés et baignés dans le monde, dans l’inconsistance des formes, sur l’autre versant, la nature subjective, principe de génération de toutes les choses, mystère qui fait du plein avec du vide. Chez Zao Wou-Ki, les voies de l’escalade se rencontrent (…) Le paysage est le lieu même de la lutte des contraires. Son nom même, montagne-eau, shanshui, en garde le témoignage (…) Toutes les toiles de Zao Wou-Ki sont des paysages. Non par choix, mais par évidence : il n’y a jamais de séparation entre les hommes et la nature (…) Les barrages entre cultures et nature s’effondrent, se noient sous la cataracte élémentaire, se diluent dans cette eau qui anime la route des cycles et des retours. Il faut tirer toutes les conséquences de cette fusion. Zao Wou-Ki peint des paysages sans point de vue (…)

La peinture de Zao Wou-Ki a partie liée avec la magie. Il jette ses signes sur la toile comme des bois divinatoires ; il nous donne à voir les craquelures sur les carapaces brûlantes des tortues ; ses envoûtements, par tours et détours, nous enserrent dans cette toile. Henri Michaux le premier l’a senti. « Les toiles de Zao Wou-Ki – cela se sait – ont une vertu : elles sont bénéfiques. » (…) Car voilà l’enjeu de cette magie. Est-il si sûr que le monde demeurerait en lui-même, si des esprits acérés ne s’exerçaient à l’y maintenir ? Zao Wou-Ki n’appartient à aucune école de peinture, mais à un cercle d’ouvriers de l’esprit qui se sont donné pour tâche incroyable de sauver chaque jour le monde (…) L’enthousiasme habite les toiles de Zao Wou-Ki. C’est une possession, une forme de communication avec le monde, une union inouïe de l’âme et de la matière. La force créatrice ne se sépare jamais chez lui de la vie même. De part et d’autre de la toile se tissent des expériences apparentées. Elles se croisent et s’interpénètrent, sans jamais pourtant se fondre. Le spectateur est happé. Il doit conquérir sa liberté, se battre dans une arène de couleurs, avant d’en sortir changé, comme sauvé des eaux (…) Nous sommes ici à rebours de la tradition occidentale où le tableau est récit ou sacrifice. Ici, il est charme, chant du principe même de la nature (…) Tableaux salutaires en effet. Des remèdes à la confusion…

numeriser0003_1.1267606637.jpg Erable rouge, huile sur toile – 2004 – 150×162 cm

Le monde de Zao Wou-Ki, au fil du temps, s’apaise. Comme un fleuve dont le cours s’étale et se régularise, les remous celés dans les profondeurs des eaux (…) Une harmonie est possible. Le voile déchiré de la nature semble se retisser et devenir la peau même de l’être. C’est un corps à corps. La toile et le peintre sont de la même étoffe. De la matière animée. L’expérience du tableau boit la vie de la main qui la nourrit (…) En somme, toute peinture chez Zao Wou-Ki est peinture affective. Le secret est bien gardé. Par pudeur. Par remontée aux essences. Et pourtant, le sujet de sa peinture, c’est bien le tempo des passions (…) Ce n’est pas le monde des origines vu par Dieu, mais le regard de l’homme qui remonte vers les origines du monde (…) En un sens il y a une parenté avec ces peintres d’icônes, qui vivent dans l’échange permanent de leur création et de leur existence de créature. Ils ne peignent pas, mais prient les icônes. Ils ne représentent pas, ils imaginent. Seulement, l’intercession est ici plus immédiate. Nul besoin d’une communion religieuse. L’oeil de l’homme regarde jusqu’au fond de l’être, parce qu’il en participe. Il n’y a pas de rupture (…)

Belle voix, ajoutant presque la vénération à l’admiration, qui se joint ici à celles d’Henri Michaux, René Char, Jean Leymarie, Claude Roy, Pierre Daix, Yves Bonnefoy, Bernard Noël et tant d’autres, en tant de livres et de recueils où peintre et poète ont collaboré. Ils sont tous judicieusement rappelés et cités dans le présent livre qui me semble actuellement la somme la plus accomplie dédiée à cette oeuvre incomparable. Je me suis abstenu toutefois de citer toutes les analyses proprement dites des oeuvres les plus significatives de cette carrière : tableaux chargés du souvenir d’êtres chers auxquels le peintre rend hommage, tableaux du récit de cette initiation à la perfection entre Orient et Occident – ce passage fabuleux de la figuration à la non-figuration, aboutissant à la réapparition de figures – travaux d’un homme dont l’existence est à la fois marquée d’insignes épreuves et, déjà, d’une éclatante consécration.

numeriser0005_1.1267606669.jpg Huile sur toile – 2008 – 116×89 cm

(1) Raymond Oillet : La création, réflexions pour une vie poétique, éditions 379, Nancy 2003

(2) Zao Wou-Ki : texte de Dominique de Villepin, Flammarion 2009

(3) Dominique de Villepin est notamment l’auteur de poèmes, d’essais, de romans dont Le dernier témoin paru chez Plon en 2009. Il avait également préfacé Les carnets de voyage de Zao Wou-ki (1948-1952) paru chez Albin Michel en 2006.

(4) Toutes mes illustrations sont librement empruntées au livre cité en (2). J’ai volontairement choisi celles de tableaux récents qu’on n’avait pas pas pu voir dans les livres précédents.

PS : Des lecteurs viennent et reviennent sans cesse sur mon « Gerhard Richter aurait-il trouvé ? » – je leur promets de publier dans cette rubrique, mais plus tard, tous les articles que j’avais déjà donnés sur Richter dans Connaissance du matin.