Un chef d’oeuvre de Grau-Garriga à Nancy

C’est à la Galerie 379 (379 avenue de la Libération à Nancy) qu’on pourra voir 4 expositions collectives sur le thème des Arts textiles (Textures et Variations) : elles se tiendront du 7 au 28 septembre, puis du 1er au 29 octobre ; du 8 au 20 novembre et du 23 novembre au 19 décembre. La Galerie sera ouverte 7 jours sur 7, habituellement de 15 heures à 18 heures – le mercredi jusqu’à 21 heures. On pourra prendre ses renseignements au 06 87 60 82 94 ou au 03 83 97 31 96, et en écrivant également à cette adresse :

 association379@wanadoo.fr

Josep Grau-Garriga qui sera présent les deux premiers mois, est artiste peintre et licier, né en Catalogne en 1929 et récemment décédé en France le 29 août 2011. Des informations sur sa vie et son oeuvre peuvent être trouvées sur Internet. On y trouvera aussi son site personnel – il y répond lui-même à de nombreuses questions sur l’art :

 http://grau-garriga.blogspot.com/

Le tableau  qui se  trouve exposé à Nancy : Sueño y muerte de Emiliano Zapata de 1980 est un magnifique exemple de l’art de cet artiste original. Le tableau a été acquis par le FRAC Lorraine et peut être exposé à Nancy grâce au concours de la Ville de Nancy. On le dirait à la frontière de ces deux  régions difficilement définissables de l’art moderne et de l’art contemporain : art moderne par son esthétique déjà affranchie de toutes règles mais toujours désireuse d’organiser, de structurer une image par la puissance des couleurs et l’extrême plasticité des formes directement suggérées, entre figuration et abstraction ; art contemporain par sa liberté, l’emploi de matériaux très disparates, pas seulement empruntés aux métiers du textile, et donc la recherche d’un éclat plus neuf, d’un invu soudain révélé et capable de nous bouleverser, physiquement d’abord… On pourra également consulter :

http://www.angersmag.info/Grau-Garriga-la-Loire-est-en-deuil_a3220.html

Mais je préfère citer Gilbert Lascault qui est l’auteur d’un beau livre, abondamment illustré : Grau-Garriga, Editions du Cercle d’Art, Paris 2002. Je lui emprunte également mes deux illustrations de bas de page, espérant que mes lecteurs, du moins ceux qui le pourront, se rendront aux expositions que j’ai mentionnées.

« Grau-Garriga choisit sa palette de différences, d’antinomies, d’oppositions, de paradoxes. Il tisse l’intime et l’éclatant, le sensible et le réfléchi, la tendresse et l’intensité, le grave et l’humour, l’histoire du monde (celle, en particulier, de la Catalogne) et les souvenirs de son enfance, la rigueur et les passions, la jubilation et l’inquiétude, l’amour de la vie et le tragique, le monumental et le poétique.

Intutif, imaginatif, subtil, il avance par associations arborescentes. Sa pensée trouve des tours et des détours, des méandres, des zigzags. Il explore toujours de nouvelles voies. Il refuse le ‘déjà-vu’, le ‘déjà-fait’, les stéréotypes, le figé, le conventionnel, le répétitif, le redondant. Il préfère la surprise, l’inattendu, l’imprévu. Dans le monde des formes et des techniques, il devient un chercheur décidé, un aventurier vigilant, un explorateur appliqué, un découvreur diligent.

Les jeux graves de son art, une stratégie joyeuse, le ludique entrecroisent des élans mystiques, l’éros, une liberté désirée, le refus de toute entrave, la haine de toute oppression. Ces jeux sont contestataires et inventifs… » (page 31)

« Il crée des sculptures molles, des tapisserie égarées, des architectures textiles, des évocations de collines, de grottes, d’abîmes, de concaves et de convexes, de bulbes, de turgescences, d’excroissances, de fentes, de failles, de coupures. Il propose des plans, des zones denses de haut relief, des éminences, des creux, des évidés, des expansions, des dilatations, des points privilégiés. Il imagine des cartes géographiques agitées, torrentueuses, déchaînées, tourbillonnantes, tournoyantes, moirées.

Dans ses oeuvres, il suggère des érections, des phallus, des seins, des bourgeons, des greffes, des pousses, des boutonnières, des hiatus, des coupures, des lézardes, des frissons, des orifices, des brèches, des blessures, des ouvertures. Des oeuvres … qui désirent et qui sont désirées. » (page 43)

On ne pourrait mieux évoquer cet art qui est prolongement des richesses de la vie et une célébration de ses prodigalités, de son bonheur jaillissant, communicatif. Et c’est bien ce qui pourra se vérifier à Nancy à la Galerie 379.

 

‘L’ultima dia’, peinture, 1997, 200x200cm 

 

 

 

 

 

 

 

‘Com flors’, tapisserie, 2001, 163x125cm