Phénoménologie et philosophie du langage (2), poésie enfin

Je poursuis un peu avec Marc Richir, en priant mes lecteurs de m’excuser, beaucoup d’entre eux ayant protesté que l’accès à cette pensée leur était irrémédiablement fermé !!! Je trouve pourtant très impressionnante, parce que parfaitement inédite, la tentative de Marc Richir de décrire le processus – qui n’en est pas un, « comme rien d’espace et de temps » – qui transforme l’infigurable de l’Origine en traits figurables qui dessinent et la personne, moi, et son imagination, cascade de phantasiai qui engendrent par réciprocités d’engendrements le cortège des images bien réelles d’un monde.  » Dans la poésie, la figurabilité demeure en phantasiai, mais ne passe pas à l’état virtuel comme cela paraît être le cas dans la pensée dite ‘pure’ : elle est à la fois potentielle – liée aux possiblités pas nécessairement entre-aperçues du sens – et actuelle – quand ces possibiltés s’actualisent – et c’est alors que le référent se met à ‘vivre’, les éléments de la fiction (personnages, choses, actions) jouant dans leur infigurabilité impliquée en leur figurabilité, comme autant d’autrui virtuels se montrant au poète – laissant dans les marges les phantasiai ‘pures’ des schématismes hors-langage. C’est par là sans doute que le poète parvient à faire vivre dans la conscience les ‘êtres’ (Wesen) mythologiques qui jusque là, dans une sorte de quasi sommeil, recelaient en eux leurs mystères… Le fondement de la poésie est donc le mythe avec sa question mise à jour comme question de son sens en instance de se réciproquer en sens en général de toute question. La pratique et l’élaboration de la poésie se donnent dès lors d’abord comme ‘traitement’ de la question que pose implicitement le mythe avec des ‘éléments’ plus ou moins enrichis du mythe lui-même, et cela rend ce dernier ouvertement transitionnel… » (pages 235/6) C’est à se demander, au point où nous en sommes, partagés entre mythe et poésie, si l’on ne pourrait pas envisager aussi la possibilité d’un discours ouvertement ésotérique, et peut-être de ce point de vue situé entre poésie et philosophie : question ouverte, j’estime, et  j’y viendrai prochainement.

Mais ce que veut dire Richir, c’est que la poésie ouvre plus de réalité que le mythe qui s’est refermé sur lui-même : le mythe a ‘bétonné’ ses réponses une fois pour toutes, avec un ‘excès’ de sens qui a néanmoins fécondé la poésie des origines, éveillé de nouvelles réponses possibles aux questions primordiales. D’après Richir, c’est Arthur Rimbaud qui est l’exemple vivant le plus incontestable de cette vivification du langage et de cette restauration du sens. Je poursuis après la citation proposée plus haut : « Le terme de cette genèse transcendantale est atteint (grosso modo dans la seconde moitié du XIXème siècle) quand le mythe- fiction (dégénéré au XVIIIème siècle en mythe-ornement) part lui-même à l’horizon du référent poétique et devient, comme ‘idéal’ du poète, inaccessible, ou plus exactement, virtuel, à l’état de rêve inconscient de poésie, explicitement hors du référent poétique (ce que, vraisemblablement, Rimbaud pointe avec les ‘vieilleries poétiques’), retourné à l’infigurable de plus en plus insistant. » (Fragments, op. cit. page 236). Le problème, c’est que l’infigurable, dans la perspective idéaliste qui prévalait jusqu’à l’heure de la révolte rimbaldienne, s’apparentait à un platonisme bien-pensant, désincarné, volontiers moralisateur, autant dire christianisé, celui que dénonce précisément Rimbaud et à sa suite Yves Bonnefoy, qui a consacré tant de pages au grand poète, jusqu’à son récent Notre besoin de Rimbaud (2009). Il déclarait en 2009 à propos du Sonnet des voyelles : « Quand Rimbaud veut se faire voyant, il cherche à soumettre la parole à ce bouleversement qu’est l’association des voyelles et des couleurs… pour bousculer les notions… et désorganiser le discours traditionnel. Personne n’avait écrit comme cela. Si bien que Rimbaud pouvait estimer que cette nouvelle façon d’écrire allait libérer un rapport au monde plus instinctif, que le discours refoulait ; et rendre ainsi l’homme et la femme à leur possible vraie vie. » Nous sommes au coeur du sujet, et je veux dire dans tous les sens du mot… Laissons encore la parole à Bonnefoy qui a beaucoup développé sa pensée au fil d’entretiens nombreux repris dans ses livres. Je me réfère ici à L’inachevable qui vient d’être publié par le Livre de Poche. Il sera intéressant de s’apercevoir que nous ne sommes pas si éloignés que cela de Richir, et toujours relativement à cette question du langage.  » La poésie ? Oui, c’est du fondamental en ceci qu’elle est la mémoire, préservée par certains, de l’excès de la réalité sur le signe, autrement dit de l’intuition d’une unité qui demeure en tout et partout présente sous les réseaux serrés de la signifiance conceptuelle. La poésie atteste cette unité, ce qui recentre la pensée sur l’existence en sa finitude – cette émergence de l’Un en nous – et donc aussi sur le vrai désir et la pleine présence en face de nous des êtres, voire des choses. » (page 15) Bonnefoy évoque une expérience originaire, d’avant les mots mêmes et le langage, expérience dont la poésie garderait mémoire ou à laquelle elle donnerait à nouveau accès. « … le mot a un son par quoi il déborde du sens, et sur quoi on peut prendre appui pour transgresser les fragmentations de la signifiance – c’est le début du poème -, mais elle touche à bien plus que le simplement scripturaire ou même l’emploi des mots, car les signes qui sont en somme la cause du poétique ont existé bien avant ceux d’entre eux qui constituent le langage. Par exemple, l’opposition de la lumière et de l’ombre, ce fut un signe, dès la première conscience, un signe qui se coordonna à bien d’autres à même niveau dans l’apparaître du monde. » Ce qui me gêne toujours chez Bonnefoy, je le rappelle, c’est que la finitude invoquée par lui semble sans aucun lien avec cet ‘infigurable’, que ce soit celui invoqué par Richir ou même l’infigurable des néoplatoniciens que Bonnefoy n’a jamais cessé de dénoncer. Je rappele que son Anti-Platon, coup de cymbale inaugural de toute son oeuvre, en dit assez à ce sujet. Or c’est bien loin d’un matérialisme de convenance, appelons-le bien ainsi désormais, fût-il déguisé en structuralisme comme on l’a exposé dans les années 60, que nous nous situons avec Richir ou d’autres (je vais y venir…)

 Bonnefoy n’est tout de même pas négligeable pour sa description du dessein poétique, et toujours à propos de Rimbaud : « La réalité rugueuse à étreindre qu’il appelait de ses voeux, ce n’est pas seulement le travail du ‘paysan’ qui peut la faire revivre, c’est donc aussi cette dialectique de construction et de déconstruction de soi : qu’il faudra nommer poésie, poésie par-dessous les diverses formes de créations artistiques… Pourquoi faudrait-il ainsi tout rapporter à la poésie ? Mais c’est sa nature même d’emploi des mots, qui y incite. Consciente de l’immédiat, soucieuse du plein engagement de la pensée dans la finitude, l’intuition qui est à l’origine de la poésie pourrait, certes, suivre cette voie jusqu’au coeur de l’expérience mystique, qui a ce même souci et le porte aussi loin que possible. Mais quand, pour ce faire, la mystique quitte les mots, elle, la poésie, se retourne vers eux, tout au contraire, et sacrifie son objet profond, ou du moins son espoir d’y vraiment atteindre, afin de préserver le rapport à l’autre, le lieu social. Ce qui lui vaut de continuer à rêver, comme toute parole, nécessairement conceptualisée, est obligée de la faire, mais aussi d’exposer son rêve, de le partager, de le déplacer vers le rêve collectif, et ainsi d’instituer ce que la mystique ne comprend pas, n’accepte pas, tient pour illusoire : l’être institué comme vie de groupe. La poésie marche à l’avant de la dialectique que je viens d’essayer de définir. Elle vit dans son apport au langage, c’est-à-dire au plus profond, ce mouvement de retour sur soi, ce dépassement de l’esthétique par un souci éthique et plus en profondeur encore ontologique. » Un peu plus loin, Bonnefoy précise une nouvelle fois sa pensée par des remarques répétées sur Mallarmé, un poète qui l’a également beaucoup inspiré : « … la modernité, pour Mallarmé, c’est de substituer au discours de la connaissance, qui ne fut que celui de nos chimères, le réseau de ces perceptions d’aspects, et cela pour jouir de la beauté qui s’y marque. Du temps de la pensée, cette beauté était comme rétractée sur soi, cachée dans les plis de l’interprétation conceptuelle des phénomènes. Maintenant, et pour autant qu’on saura la délivrer de la signification, elle adviendra ‘pli selon pli’ dans des phrases qui feront qu’au total nous disposerons d’un lieu où, comme des étoiles dans une constellation, auront paru et continuerons de paraître – pour notre plus grand ‘bonheur’, c’est là le mot-clef de la poétique nouvelle – les beaux aspects de cette nature à laquelle, dit Mallarmé, « on n’ajoute rien ». Un lieu donc pour le contentement de l’esprit, un lieu gagné en échange de vaines espérances transcendantales. » (page 94) Parvenu à ce point, je suis bien obligé là de m’éloigner de Bonnefoy. Le transcendantalisme ne s’ajoute pas : il est l’expression même de la création de soi par soi qui est devenue incontestable au fil de ces lignes. Il n’est jamais question d’ajouter mais d’interpréter, cette interprétation opérant dans la lecture même de ce qui se donne. Bonnefoy serait-il trop ‘philosophe’, tout en prétendant s’éloigner des ambitions de la connaissance conceptuelle ? 

Je crains qu’un poète qui se prête à écrire ‘sur’ la poésie ne puisse jamais s’empêcher d’emprunter les concepts et les raisons d’une philosophie. J’ai lu et depuis laissé de côté ceux que je voulais également nommer dans cette recherche : Esteban, Deguy, Maulpoix, eux aussi marqués par les préjugés d’une pensée ‘socialiste’ qui a bien vieilli à ce jour – et leurs livres resteront scellés à côté de moi. Je ne reviens pas non plus sur André du Bouchet dont j’ai déjà analysé les derniers textes parus, une véritable somme publiée à titre posthume (2). Par contre je ne manquerai pas cette fois de citer le nom de Roger Munier, poète et philosophe, qui nous a quittés il y a peu, qui s’est illustré comme poète-philosophe, curieusement, lui, ayant choisi  de prendre un ‘tournant philosophique’ quand il se destinait à la théologie ! Dès 1949 Munier rencontre chez lui, à Todtnauberg, le philosophe Martin Heidegger, lui aussi déserteur de la théologie mais philosophe riche d’une longue carrière déjà, avec ces déboires que chacun sait… Les rencontres vont à la fois porter sur l’insuffisance, l’impuissance même de l’onto-théologie dont Heidegger a mesuré le premier les vanités, le questionnement aporétique de la philosophie – rivalité et complémentarité de l’être et de l’étant – et la possibilité d’un dire poétique capable de ‘dévoiler’ ce qui est, ou plutôt se cache. Deux points marquants, très vite, et un autre versant de vérité : la philosophie est non seulement indispensable mais elle dit plus et mieux que la poésie : ou autrement dit, il n’est pas de philosophie poétique ou de poésie philosophique. Dans son livre Le Parcours oblique (La Différence, 1979) Munier ira jusqu’à dire : « La pensée qui pense Orphée… » (1) Si bien qu’ils vont tenter, ensemble parfois, séparément dans les années qui suivent, chercher comment pointer le visage du Seul, un mot unique repris par Munier : le Seul (ou aussi le Visiteur « qui jamais ne vient » – titre d’un de ses plus beaux recueils de poèmes (3). Il faudrait consacrer un long développement à l’approfondissement de cette pensée, à l’examen de chaque style requis successivement (poésie ou prosodie) pour exprimer ce qui se dérobe à la conception définitive comme l’a critiquée Bonnefoy. Choix d’un énoncé gnomique qui associe poésie (rythme) et philosophie (discernement de vérité) : « Elle n’a pas de voix, car elle est. Ne parle que ce qui n’est pas vraiment, veut et cherche, se veut, se cherche, veut un éveil. » (cité par Chantal Colomb page 100) Mais la difficulté demeure, qui sépare les deux penseurs. L’impératif husserlien de ‘retour aux choses mêmes’ peut être différemment expérimenté, éprouvé même, devrais-je dire, puisque nous devons nous confier ‘ici’ à notre subjectivité vivante aux prises avec ‘son’ monde. Il m’est impossible ici d’ajouter toutes les citations de Munier qui le conduisent progressivement vers un apophatisme de plus en plus radical et l’expérience de ce que j’ai appelé un ‘éveil oriental’. Nous sommes ici en philosophie, qui s’appelle avec Heidegger ‘phénoménologie’, soit. Comme j’ai pu l’écrire moi-même, après Stephen Jourdain, l’arbre qui ‘est’ devant moi, je le ‘perçois’ toujours comme un arbre que je ‘conçois’ et c’est à moi, personnellement, qu’il revient de ‘partager’ – le travail même de la ‘raison’ – entre cette pseudo-objectivité d’une réalité d’arbre qui semble s’opposer à moi et l’évidence de ma conception, création, ‘première création’ d’abord qui passe par la sensibilité et conception, ‘deuxième création’ qui passe par mon jugement, affirmation et préférence, choix d’une image d’arbre que je qualifie de seul réel. Mais Munier est averti et il sait nous le dire : « Savoir et être s’excluent comme feu et eau. » Ainsi Munier rejoint-il ce cortège de poètes contemporains qui répudient tout savoir ‘conceptuel’ (sujet autant que monde !) pour rejoindre une ontologie de l’esquisse, de la suggestion, de la négation même, privilégiant le fragment au discours achevé d’une ontologie affirmée. Les noms de Bonnefoy, Pessoa, Lawrence, Juarroz, reviennent souvent sous la plume de Chantal Colomb. Je privilégierai quant à moi la citation du seul Silesius, dont Munier nous propose, à mon sens, la meilleure traduction du Pélerin Chérubinique. C’est un livre unique, essentiel, un livre de révélation irremplaçable et je l’ai souvent cité. Procès à la fois de la créature qui se livre aux voies du péché qui l’éloigne de toute vérité et d’abord de la sienne propre, et apologie de ce Fils qui accomplit la volonté du « Seul ». Les deux formules qui suivent l’énoncent assez clairement et réduisent à l’état de ‘littérature’ tout autre énoncé : « Dieu est mon sauveur et je le suis, moi, des choses qui s’érigent en moi comme moi-même en lui… » complémentairement : « Je dois être soleil : peindre de mes rayons la pâle mer de la totale Déité… » La réalisation de cette identité du Fils, qui excède par ailleurs toute identité (Stephen Jourdain) est la finalité de toute parole dite, autrement dit de toute expérience humaine, la finalité de notre vie d’homme vivant-conscient. Je le répète : le Fils, et ceci veut dire ‘moi’, et sinon qui d’autre, et en quoi serais-je concerné, moi qui ‘suis’ contributeur et responsable de cette création où le Père se prête à la manifestation et à la connaissance de Soi. C’est d’ailleurs tout le sujet de mes blogs et je peux bien raccourcir maintenant mon propos qui s’est étendu sur près de mille pages !

Puisqu’il était question de langage et finalement de poésie, je peux risquer un retour à Richir qui est bien près de mes ‘conclusions’, résumant peut-être mieux que personne la problématique du langage mais aboutissant, lui aussi, à une contestation radicale de l’identité « moi » – sommes-nous jamais quittes des périls du langage ?  Il écrit dans un texte sur Langage, poésie, musique (3) : « Il s’agit, sous l’horizon de la question du sens, de la mimèsis active, non spéculative et du dedans, du schématisme de langage dans la phrase poétique ou musicale, plus particulièrement par son rythme qui est la trace transposée, à travers le filtre de l’institution symbolique, du schématisme attestant par là celui-ci de manière indirecte – et pourquoi le rythme est complexe et temporalisant (« spatialisant »), les silences lui appartenant comme des « creux néants musiciens » (Mallarmé). Le moyen d’y parvenir, en poésie, est la prosodie, allant de pair avec l’institution de la langue, mais faisant à son tour l’objet de l’institution symbolique dans les règles de l’institution des sons, des mots et des syntagmes… En ce sens la poésie, tout comme la musique, naissent d’une sorte de « prise de conscience » du langage dans la langue, d’une sorte de désir du langage qui, s’il est satisfait, conduit à la modification en phantasiai de la langue… Il y a donc là abandon (épochè) du Moi pour le soi devant lequel s’ouvre « miraculeusement » (par le génie du poète ou du musicien) l’accès au langage, accès qui ne peut lui-même être parcouru comme voie que dans le ressentir du schématisme où s’inscrivent les affections, c’est-à-dire dans le rythme… » (page 31) Mais le langage de qui ? Voyons ! Qui ‘ressent’, et où s’inscrivent les affections ? Bien sûr Richir apporte d’inédites réponses un peu plus loin : n’empêche, il veut faire naître l’ego, ce regard propre, d’un procès matériel, de ce schématisme qui est le calque de l’architectonique mouvante du réel qu’il a décrite si minutieusement. Et nous rejoignons ainsi, à nouveaux frais, un matérialisme qui n’est jamais nouveau que dans ses termes. La subjectivité ! Il faudra bien que je serre toujours plus près mon ‘sujet’, que je ne le quitte plus ! (5)

(1) Je n’ai pas cité plus longuement le livre de Chantal Colomb : Roger Munier et la « topologie de l’être » – L’Harmattan 2004 mais c’est un livre capital, je tiens à le dire, tant pour la découverte des visages de Munier, poète et philosophe, que des comparaisons qu’il propose avec Heidegger et les poètes que j’ai nommés, bien d’autres aussi. Livre savant et passionnant.

(2) http://marianus.blog.lemonde.fr/2011/06/03/le-dire-en-poesie-1/ (et -2)

(3) Je recommande à mes lecteurs lorrains la consultation d’un ouvrage visible à la Bibliothèque Municipale de Nancy : Le Visiteur qui jamais ne vient (typographie et maquette de Raymond Gid, illustrations aux pochoirs de Myriam Librach) Sérica, Nancy 1985. Je rappelle aussi l’adresse du site consacré à Roger Munier : http://rogermunier.com/ 

(4) Marc Richir : Variations sur le sublime et le soi, Millon 2010

(5) Bonnefoy est bavard mais au moins, lui, il dit tout. Je le cite encore une fois, prononçant la condamnation des « vieilleries poétiques » (i.e. platoniques) par les poètes contemporains : « La beauté n’était-elle, absolutisée, que mensonge ? Relativisée maintenant, elle se fait hypothèse pour cette recherche en commun qui, sera-t-elle encore de l’illusion, au moins le sera pour tous, c’est-à-dire bâtira l’arche sur laquelle l’humanité pourra appareiller sur l’océan du non-être. » (page 60) Belle promesse et belle consolation.    

Un commentaire sur “Phénoménologie et philosophie du langage (2), poésie enfin

  1. Le langage symbolique peut être gênant, confus. A trop accueillir les imprévus de l’existence avec le souvenir des intentions, des critères des générations passées, à trop « manger l’agneau dans le lait de sa mère », le symbole bourdonne au loin. Souvent, il nous conditionne plus qu’il ne nous aide à démêler une quelconque ‘figure’ sensée dans la mousse des événements.
    Le langage poétique peut « ré-enchanter le monde » dit Richir. Peut-être parce qu’il s’enracine au départ dans un état d’esprit à l’écart des mots, là où les archétypes sont devinés, pas encore définis ou érigés en normes pour une époque, façonnés au point de la symbolisation où éclot la pensée inaugurale. En alliance fraîche avec ce que la vie nous invente au jour le jour.

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s