Deus sive persona – après une parenthèse… (5)

Je terminais par ces mots mon précédent ‘Deus sive persona’. « La perspective est devenue ici bien différente. Non seulement il y a quelqu’un, une personne dont on peut croire qu’elle est animée d’un principe divin, qu’il faut donc respecter infiniment, mais, en contre-partie aussi, une personne qui paraît responsable d’elle-même et de la valeur infinie qu’elle porte, responsable par conséquent de sa propre déchéance, du ‘massacre’ comme dit Jourdain de ce principe divin. C’est le thème de la déficience – chez les gnostiques cela se dit ainsi tant ce défaut paraît originel, congénital à notre manifestation personnelle – ou de la défaillance qui n’est qu’une faute plus tardive et peut-être réparable comme le croit Jourdain. J’envisagerai toute la question dans mon article suivant… » Cette conclusion a paru tout à fait suffisante à quelques lecteurs ; d’autres attendent des précisions supplémentaires, et notamment concernant cette notion de responsabilité. Pour ce qui est de la déficience gnostique, je renverrai aux travaux de H-C Puech (1) qui semble la référence de Michel Henry concernant cette question, du moins telle qu’elle est traitée dans un livre assez récent, sous la direction éditoriale de Nathalie Depraz et où figure l’article de Michel Henry (2). J’y renvoie également. Je préfère revenir, une fois de plus, à cette question de personne, à son histoire, à la définition des personnalismes contemporains et finalement à la question de la responsabilité. Je citerai à nouveau Stephen Jourdain, parce que son témoignage est unique, et unique sa mise en perspective, renvoyant une faute morale à une faute intellectuelle et, pour mieux dire, à une défaillance spirituelle, dont nous serions effectivement responsables, à condition de préciser au juste dans quelle mesure. Je l’ai déjà écrit, je me suis demandé : « Qui a la question (philosophique) – qui a la culture (philosophique) – et qui en a le mépris au point de mériter l’accusation de semer nos malheurs ? » Ce qui me ramènera aussi à l’Apocryphe souvent cité, ce regard intemporel sur notre condition. Mais ce thème de la personne est devenu ici celui d’une philosophie première, son thème principal, et c’est toute une spiritualité qui se trouve redéfinie (ou reprécisée) à cette lumière de co(n)naissance.

Je rappellerai tout d’abord cette longue citation de Stephen Jourdain, que j’avais publiée dans mon ‘hommage’ du 19 février 2009, jour de sa disparition : « Notre âme… que j’appellerai notre essence spirituelle est l’unique source de tout. C’est notre propre essence qui est à l’origine de ce que nous nommons le monde – et par monde j’entends non seulement la réalité dite extérieure mais aussi mon esprit, mon esprit dans mon corps, mon corps dans le monde… tout jaillit du tréfonds de nous-mêmes. Notre essence est créatrice… originellement, je parle d’une origine instantanée… Tant que nous en restons là, nous sommes au stade de la création du monde, c’est à dire dans la phase édénique des choses. Puis instantanément, et c’est là que tout se gâte, une deuxième création se met en place… Dans cette deuxième création, c’est moi, personnellement, qui suis le père du monde… Dans la première, tout jaillit du tréfonds de moi-même mais comme impersonnellement… C’est bien là le paradoxe puisque nous sommes au centre de la personne ; une source non-personnelle au sens où il n’y a pas appropriation de quoi que ce soit… » Paradoxe, sans fausse honte ! Il y a aussi cette notion d’âme, si chère à Jourdain, qui désigne effectivement ‘notre essence spirituelle’ la plus profonde, celle qui est déniée par toute l’anthropologie athée qui a gouverné la philosophie et la psychologie françaises depuis le milieu du siècle précédent. Pas seulement une langue de bois : un a priori idéologique (et spécialement universitaire) qui a dominé jusqu’à présent et qui est si peu contesté encore aujourd’hui. La ‘psychologie génétique’ d’un Jourdain, on pourrait appeler ainsi cette éclosion d’un moi/monde sans coupure ontologique, n’est donc pas celle des maîtres qui ont gouverné nos études. Et la notion d’âme, qui n’est ni celle des scholastiques ni celle des simples croyants, se trouve ici évoquée par l’association d’une conduite intellectuelle et d’un certain type de conduite morale. Mais voyons d’abord le plan intellectuel : « A quoi correspond l’acte d’intelligence, de l’intelligence personnelle et humaine ? Cela correspond en fait à trois actes fondamentalement différents… Le premier acte c’est l’acte de conception pur, c’est la génération de l’idée pure, c’est l’acte d’idéation… Ceci est sacré et sain, ceci est consubstantiel à la conscience… Il y a une deuxième strate qui associe des idées : c’est la strate du jugement. On peut parler du jugement comme d’une molécule judicative et là on trouve ‘sujet/copule/prédicat’… Et puis il y a une troisième strate, la strate logique. Là on n’associe plus les atomes mais on associe des molécules, on associe des jugements… La vérité qui est toujours de nature purement intuitive – c’est l’intuition rationnelle – apparaît, jaillit dans cette strate… Dans quelle strate le déraillage se produit-il ? J’inclinerais à penser que c’est dans celle du jugement… » (Le miracle d’être, op. cité, page 128) Il y a souvent chez Jourdain une évocation nostalgique de l’enfance, de son innocence, et qui rappelle  un thème évangélique bien connu. On peut aussi lui trouver un sens plus profond et rejoindre le thème du ‘commencement’ qui est plus spécifiquement gnostique, celui de la ‘formation’ d’un monde, mais au sens platonicien : que d’étranges recoupements ! Et de ce point de vue, cela se passe ainsi : « Le jugement auquel nous avons affaire, cette pensée qui jaillit dans l’âme directement, originellement, dans la première micro-seconde intime, est un jugement tout à fait sain. A mon avis, ce jugement correspond à la mise en place des choses… Dans la deuxième micro-seconde intime de cette apparition, ce jugement se pervertit et s’accorde à lui-même le caractère de véracité, se juge vrai, absolument vrai … comme par une anticipation malencontreuse ou maladive sur la strate logique… C’est un préjugé à l’état pur… » (page 130) Mais le temps n’y est pour rien, n’entraîne rien lui-même ; c’est d’une dérive mentale qu’il s’agit, d’une confiscation, d’une appropriation égoïste de la donation, mais nous ne nous limitons pas au domaine de la morale pure, nous sommes dans une psychologie plutôt de la défaillance, et c’est bien là un propos entièrement neuf.

Par exemple, cette illustration qui suit, plus simple qu’un développement épistémologique. « Lorsque le ciel est bleu, je perçois le ciel bleu, je n’ai pas du tout l’impression d’accomplir l’acte judicatif, néanmoins je suis devant un jugement. Ce n’est pas un jugement de type intellectuel mais pré-intellectuel. Ce n’est pas une position intellectuelle mais c’est déjà de nature judicative. C’est un jugement mais il n’a pas le caractère de véracité, ce n’est pas un jugement affirmatif. On peut se demander quelle est la fonction du jugement si ce n’est pas d’affirmer quelque chose, peut-être est-ce une fonction narrative. Je suis bien devant un jugement : ‘le ciel est bleu’ ; la poésie de ce ciel me submerge… je suis submergé par ma propre existence et ma propre poésie… tout devient une masse de poésie et de sens. Ce jugement-là casse toutes les affirmations, il est fondamentalement non-affirmatif. A ce titre-là, au sens que l’on prête habituellement au mot pensée, c’est de la non-pensée. » Nous voilà situés sur un registre ouvertement gnoséologique cette fois : ce ciel bleu est le Royaume des gnostiques, le premier royaume de Maître Eckhart, et, vérité encore parfaitement inédite, c’est ce monde qui s’étale sous mes yeux, ici maintenant, avant la projection de mes préjugés, la perversion de mes intentions, de ma volonté. Cela se produit avant la naissance de la pensée donc, avant l’opposition prononcée d’un moi confronté à un non-moi extérieur et menaçant. L’objet est réel, concret, matériel mais nullement séparé, confronté : c’est avec moi qu’il fait monde et c’est  avec lui que je me constitue sujet, moi une personne, comme on l’a vu dans mes précédentes notes : « La rencontre véritable avec le monde concret, avec le monde perceptif authentique, la rencontre véritable avec le monde terrestre, c’est déjà se situer dans le Ciel… il n’y a pas d’autre accès au Ciel que la terrestreté la plus absolue… Je suis dans la concrétude la plus absolue et l’idée pure est là, visible, évidente. » Cette dernière phrase est-elle une aberration ? Je prétends au contraire qu’elle appartient à la plus antique tradition de connaissance, autant à cette tradition gnostique que j’ai si souvent citée qu’à une tradition orientale plus secrète et moins connue de nos jours. Je rappelle ici un propos gnostique de l’Evangile de Philippe qui est la saisissante confirmation de la parole jordanienne : « Ce que nous appelons le monde n’est pas le monde réel, mais si on le voyait avec les yeux de l’Être qui l’informe, on le verrait incorruptible et immortel… » Dit en d’autres mots dans l’Evangile selon Thomas : « Le Royaume du Père s’étend sur la terre et les hommes ne le voient pas… » (log. 113) Et ce sont les séparations imposées par la pensée qui provoquent cet aveuglement : « Quand le disciple est désert, il sera rempli de lumière ; mais quand il est partagé, il sera rempli de ténèbres… » (log. 61) L’unité, l’Un, c’est le secret de la manifestation tout entière qui se donne à co(n)naître par cette dialectique du sujet et de l’objet qui marie les opposés sans les circonscrire en d’indissolubles définitions : « Pourquoi lavez-vous le dehors de la coupe ? Ne comprenez-vous pas que celui qui a créé le dedans est aussi celui qui a créé le dehors ? » (log. 89) – « Le Royaume, il est le dedans et il est le dehors de vous… » (log. 3) Vérités qui échappent à toutes les preuves de l’expérience sensible, de la démonstration logique, mais qui s’éprouvent. « Celui qui a connu l’épreuve, il a trouvé la Vie. » (log. 58) J’ai trouvé dans le christianisme de Maître Eckhart des correspondances frappantes avec cette vérité inouïe et c’est bien ici le moment de le rappeler. Dans un Sermon allemand, un de ces sermons où il énonce ses vérités propres à des ‘amis’ : « La connaissance est pour l’âme comme la lumière… il n’y a absolument rien de meilleur… (mais) quand on connaît les créatures en elles-mêmes, cela s’appelle une ‘connaissance du soir’ : on les voit en toutes sortes d’images séparées… quand on connaît les créatures en Dieu, cela s’appelle une ‘connaissance du matin’ et ici on contemple sans aucune espèce de distinction dans l’Un que Dieu est lui-même… » En ajoutant cette précision on trouve la plus parfaite correspondances avec les paroles de Stephen Jourdain : « Ce qui existe de perfection en toutes choses, nous le trouvons dans le premier royaume… là toutes les œuvres sont égales… toutes sont faites comme si elles n’étaient qu’une… là où l’homme est Dieu… » On m’objectera que Stephen Jourdain a insisté pour nous avertir qu’il n’était pas Dieu – et j’ajouterai, moi, qu’il a surtout voulu nous avertir de l’irrécusabilité de cette dualité, de ces polarités mêmes qui rendent l’œuvre de manifestation possible, et réelle, en gloire et en beauté, ici même.

Le non-dualisme oriental séduit beaucoup aujourd’hui, une véritable facilité intellectuelle, une sorte de rêverie qui s’est répandue dans cette société gavée de satisfactions en tous genres. Mais il est des nuances aussi qui se trouvent ici et là et que je me suis plu souvent à relever (3). J’en rappelle aussi quelques unes. Le Ch’an bouddhiste d’abord : « Le principe absolu est indéfinissable… Et là devant vos yeux se trouve constamment. Dans un silence paisible libre de toute errance, rayonnent la lumière et cet immense silence où tous les phénomènes sont constamment réels… » L’incontestable réalité du monde comme l’épreuve du Principe unique : réaliser cela ! Et encore : « Le principe est sans hâte ni retard ; un instant est semblable à des milliers d’années : ni présent, ni absent, et cependant partout devant vos yeux … » On chicanera sans doute sur ce « ni présent, ni absent »… Mais c’est bien pour dire et souligner qu’il ne s’agit pas d’un objet enfermé dans sa définition logique, celle d’un oui (‘présent’ !) indéfiniment opposée à un non (‘absent’!) Et ‘cela’ se dit comme ça : « Chez les gens du commun, il arrive fréquemment que les objets bloquent l’esprit, que le phénoménal entrave l’Absolu… Ils ne savent pas que c’est leur esprit qui bloque les objets, leur idée d’absolu qui rend opaque le phénoménal… Les imbéciles chassent les situations et non leurs états d’esprit, tandis que les sages chassent leur esprit sans chasser les situations. » Et finalement cette phrase dont je n’ai jamais lu, je le prétends fermement, une seule interprétation correcte : « L’homme du commun tient pour ultime la vérité conventionnelle, tandis que le sage tient pour conventionnelle la vérité ultime… » On retrouve ici l’opposition entre une vérité éprouvée dans l’osmose de la vie et une vérité toute logique de catégories imperméables les unes aux autres. Comme je l’ai promis, je reviendrai sur cette opposition de concepts concernant la nature réelle du Soi qui sépare Brahmanisme et Bouddhisme, mais il est de ces nuances aussi qui rejoignent une plus antique tradition, une confluence plus profonde d’expérience libératrice. Nouvel écho aux paroles de Stephen Jourdain, celles d’un Védantin contemporain, qui a été abondamment traduit dans les années 80, Nisargadatta Maharaj. Dans son célèbre Je Suis (4) : »L’Absolu ? Ce n’est pas un objet… Il est plutôt dans le présent et la sensation… Il donne naissance à la conscience ; tout le reste est dans la conscience… » Concrétude et ‘terrestreté’ : personne ne l’a relevé et c’est clairement dit ici. L’absolu n’est pas un objet ; néanmoins il est offert dans et par la donation immédiate, ‘pré-intellectuelle’ de la sensation organisée. Et cette notion de responsabilité qui est si clairement définie chez Jourdain, elle apparaît ici, contre l’opinion aujourd’hui courante que la pensée est tout entière le mal absolu qu’il faut à tout prix éradiquer ou éloigner par on ne sait quel ‘lâcher-prise’. « De par sa nature même, le mental divise et oppose… (Néanmoins) ce que le mental a créé, il doit le détruire… C’est le mental qui crée l’illusion, c’est le mental qui s’en libère… Les mots d’abord, ensuite le silence… » Le débat est éternellement ouvert, celui de la qualification de la pensée, même dans une visée mystique ; en observant que d’une tradition, d’une école à l’autre, les arguments se heurtent souvent avec violence. J’y reviendrai aussi en reposant la question de l’utilité ou de la nécessité, a fortiori, de la philosophie (et de ses apories), contre la célèbre opinion de Pascal. Je reviendrai donc sur l’opposition si riche d’enseignement entre tradition platonicienne et aristotélicienne : c’est là que tout se tient, les options philosophiques majeures dont toutes les autres découlent, et pas seulement logiquement. Là, je me tiens pour conclure provisoirement dans l’espace d’un platonisme christianisé, non pas celui de la révision augustinienne qui alimente tant de dialogues mystiques – on en trouve d’ailleurs l’équivalent dans la tradition musulmane – mais celui d’un présent créationnel où créateur et créature concourent à la même œuvre, celui de Jean Scot Erigène. Dans l’Histoire, après Maître Eckhart qui a repris et enrichi le thème, c’est son lointain disciple Silesius qui le dit de quelques mots sans contestation d’interprétation : « Dieu est mon sauveur et je le suis, moi, des choses qui s’érigent en moi comme moi-même en lui… (5) Aujourd’hui c’est Stephen Jourdain qui nous l’enseigne avec ses mots à lui, citation que j’ai souvent rappelée aussi, l’enseigne éclatante de ce réalisme des essences : « …la très sainte impression de matérialité ; la très sainte impression de réalité… l’Idée n’est plus pensée, elle est perçue : elle est là. Engendrement de l’intelligence pure, elle a rejoint le monde, participant désormais de la concrétude de l’objet terrestre, en lequel elle flambe délicatement… En fait l’Idée, alors, est le monde, est la concrétude sacrée du monde, est l’objet terrestre. » Au dernier chapitre de ce livre, Le miracle d’être, Stephen Jourdain s’insurge une dernière fois contre la ‘séparation’, ne voyant que ‘différence’ dans la perspective correcte d’une saine expérience. « … abolition de ce sentiment de séparation et cessation de la malversation, c’est-à-dire du placage (affirmatif). La bouteille reste bouteille, le plastique reste plastique, les idées sont là mais tout le placage intellectuel a été balayé et dès cet instant le sens déferle… » (page 137) Cette fois encore, simplement dite, la Vérité-Everest.

Je m’attacherai dans un article suivant à évoquer une histoire de cette notion de ‘sujet’ et de ‘personne’, ainsi que les personnalismes contemporains. Je pense maintenant avoir amplement justifié mon titre : ‘Deus sive persona’. Ce seront alors des ‘compléments’. Mais ma formule n’est pas qu’un plagiat ou un souvenir du célèbre ‘Deus sive natura’ de Spinoza. C’est son exacte contradiction, celle en tout cas que Michel Henry avait analysée dans sa thèse complémentaire sur le ‘bonheur de Spinoza’. En fait, il découvrait à ce moment-là l’importance capitale du sujet et se préparait à développer ses propres idées sur l’auto-affection, cet engendrement du sujet par l’Absolu qui se donne à co(n)naître. J’ai adopté finalement cette orthographe de Rolf Kühn, en fait la transposition de son traducteur, détachant la notion même de ‘naissance’ et celle de ‘complémentarité’ – j’ai longtemps parlé, après Maître Eckhart, de ‘conjonction’… C’est pour dire la répétition essentielle – Stephen Jourdain l’avait appelée un moment la réitération – qui est au cœur de la manifestation, et je préfèrerais même dire, de la création, car il y a ‘commencement’ – mais c’est ‘maintenant’ – et ‘deux’, certainement, pour co(n)naître. J’offrirai enfin à la méditation de chacun ce logion de l’Evangile selon Thomas que je n’ai jamais cité : « Là où il y a trois dieux, ce sont des dieux ; là où il y a deux ou un, moi je suis avec lui » (log. 30) Avec cet écho chez Silesius : « Rien n’est que moi et Toi ; et s’il n’y a pas deux, alors Dieu n’est plus Dieu et s’écroule le ciel… » La grande affaire se joue à deux et non à trois, et l’un des deux, c’est … moi !

(1) Henri-Charles Puech : En quête de la Gnose, deux ouvrages publiés par Gallimard en 1978. Leur consultation est toujours recommandable.

(2) La Gnose, une question philosophique, collectif d’auteurs sous la direction de Nathalie Depraz (Cerf, 2000). Curieusement ces articles font croire que la Gnose serait de même source que la philosophie orientale, et particulièrement bouddhique : autrement dit, rejet de la personne !

(3) On se rapportera à mon Dit de l’impensable (15.02.2011 et suiv.) qui regroupe toutes ces citations, comme la trame multiple d’une vérité unique. Absolu = Moi ; Multiple = Un ; Diversité = singularité. Mais tout le travail de réalisation personnelle, qui n’est pas seulement intellectuel, porte sur cette ‘égalité’. C’est le fond d’épreuve d’une gnoséologie authentique.

(4) Nisargadatta Maharaj : Je Suis, publié (1982, 1995, 2003) aux Deux-Océans. Aucun texte d’une telle importance n’a été publié depuis, ou de regrettables parodies…

(5) Je renvoie à L’Errant Chérubinique d’Angélus Silesius, dans la traduction de Roger Munier – j’y tiens ! (plusieurs éditions chez Arfuyen)