Bach par Piotr Anderszewski

Vrai à ce point ! Je cite le quotidien belge Le Soir qui le dit mieux que moi, comme je l’ai éprouvé moi-même… Mais « vrai », qu’est-ce à dire ? Aurai-je assez de jours pour m’expliquer comment se rejoignent ces émotions ‘joie’ et ‘souffrance’ qui animent la Vie ? Et me direz-vous, quelqu’un, où se rejoignent le Baroque J.S. Bach et les premiers Romantiques, en quel indicible (d’)humanité ? Et, tout bien ressenti, cela est-il ‘amusant’ ? Est-ce bien ainsi qu’on peut évoquer cette alliance de profondeur, d’élégance et de liberté ? Questions

Trois Suites anglaises (1, 3 et 5) d ‘une éblouissante imagination. Ici, la danse règne en maître : imprévisible, véloce, loquace. L ‘agencement des mouvements semble répondre à une dramaturgie secrète dont on admire la versatilité sans pouvoir en ausculter les ressorts. Le plaisir est total, impérieux et immédiat, avec un sens du chant qui explose parfois comme un air d ‘opéra, avec des moments d ‘un cantabile ineffable. Visiblement, le pianiste s’ amuse et, pour cela, nous passionne. Un Bach qui va jusqu ‘au bout des ressources de l’ instrument.

Tenez, j’ajoute les derniers mots de l’article publié dans Le Temps suisse :

Une lecture de Bach à pleine voix et à pleines mains, puissante et inspirée, jamais hors style dans sa capacité à générer une logique propre, tendue vers l ‘absolu.

J’ai emprunté mes deux citations au site de Piotr Anderszewski :

http://www.anderszewski.net/discography/view_disc.cfm?disc_id=21

J »ajoute encore en post-scriptum un extrait de la critique de Marie-Aude Roux parue dans Le Monde daté du 31 mars :

Une ivresse de jeu mêlée d’un sentiment d’urgence, une opulence sonore qui ne sacrifie jamais la clarté d’articulation. Contrepoint affirmé comme un dogme, structure dynamique précisant le squelette architectural, ornements posés comme les ponctuations d’un discours, l’inspiration du pianiste polonais nous entraîne sur des terres connues de lui seul. La multiplicité des plans sonores, de l’extrême fluidité au tranchant le plus net, le chassé-croisé des dynamiques, de l’imperceptible à la puissance d’une énergie pure, sont étourdissants. Ce Bach épuré et prolixe, lyrique et sévère, solaire et intimiste, témoigne de la fulgurante singularité d’un interprète hors du commun.