Onfray : une ontologie matérialiste ?

C’est le sous-titre du dernier livre publié par Michel Onfray (1). Matérialiste ; il vaudrait mieux dire ‘naturaliste’, comme le pensaient les Anciens qui nous ont légué un héritage de connaissance et de sagesse que le judéo-christianisme n’est pas parvenu à effacer ; et préciser ‘athée’, ce qui par contre est propre à la modernité, mais qui demeure toujours aussi efficace dans cette lutte interminable qu’il faut mener indéfiniment contre l’obscurantisme. La collusion de tel obscurantisme avec les pouvoirs politiques, au sens le plus large, politiques au pouvoir et pouvoirs des médias, m’atterre : en sortirons-nous jamais ? Les exemples me viendraient facilement mais à cette heure tragique je préfère la prudence. D’ailleurs, à quoi bon ? J’ai appris dernièrement que Michel Onfray avait jeté le gant en fermant son compte Twitter : qu’en penser ?  Je suis bien conscient aussi que les dangers qui nous menacent peuvent nous assaillir de toutes parts et tous à la fois – je l’ai écrit déjà – et le péril écologique, dont la réalité est encore contestée par beaucoup, semble de plus en plus menaçant et devenu quasiment irrémédiable. En citant Pierre Rabhi, je parlerai bientôt des ‘révolutions invisibles’ qui animent bien des hommes de bonne volonté, et qu’il faut encourager sans hésiter, mais qui n’ont pas le poids sociologique des puissances d’aveuglement des ‘hommes terribles’. Il est pourtant une vérité à dire…

Le matérialisme d’Onfray, on pourrait lui reprocher de s’apparenter à un scientisme dont la critique  a été faite depuis longtemps, qui traîne des pieds encore de ci de là – et Onfray lui-même ne manque pas d’attaquer le biologisme de Changeux, par exemple, qui localise ‘bien’ et ‘mal’ dans les circuits cérébraux – mais j’ai choisi de l’appeler ‘naturalisme’ parce qu’il s’apparente plus évidemment à l’épicurisme des Anciens qui est philosophie de vie plus encore que philosophie de la matière. Sans oublier cet hédonisme si caractéristique, souvent mal compris et caricaturé, qui consiste bien à jouir du peu qu’on a et à fuir l’excès.  C’est dire aussi que les Anciens faisaient référence, explicitement ou pas, à un système de valeurs qui n’appartiennent pas en propre au règne de la nature mais qui distingue plutôt un caratère spécifiquement humain, ouvrant sur une éthique qui va plus loin que tous les positivismes. C’est aussi un vieux débat… Mais c’est à remarquer, chez Michel Onfray : le concept de nature dépasse largement les concepts matérialistes qui alimentaient les scholastiques de l’athéisme depuis le 18ème siècle. Nous ne sommes pas loin, plutôt, du panenthéisme de Spinoza qui est à mes yeux des plus honorables, une lecture vraiment magnifique de l’Univers vivant qui nous engendre sans fin et dont la religio se produit d’elle-même sans rupture ni tragédie, outrepassant également les limites d’un naturalisme stricto sensu. D’où la fameuse formule Deus sive natura expliquée dans tous les manuels. Qu’on m’excuse en passant d’utiliser des -ismes si nombreux : simple nomenclature ; étiquettes de la philosophie ‘officielle’ utiles tout de même si l’on veut savoir précisément de quoi l’on parle sans se répéter à l’infini, sans rallumer d’épuisantes et vaines polémiques. Voici maintenant la meilleure citation que je puisse faire d’Onfray, p. 137 de Cosmos, qui signale exactement le noeud capital de cette philosophie.  » Au commencement n’était pas le Verbe, qui arrive toujours à la fin, à la fumée des cierges, mais la Foudre, qui, au dire d’Héraclite l’Obscur, gouverne le monde. S’il faut être précis, et soyons-le, avant le commencement, il y a toujours un autre commencement : car, avant la foudre, il y a cette énergie qui la rend possible, puis avant cette énergie qui rend elle aussi possible ce qui fut, une autre force qui elle aussi a eu besoin d’une autre force et ce, soit à l’infini, soit jusqu’à ce que les philosophes antiques nommaient une cause incausée ou un premier moteur immobile. Car, avant l’effondrement d’une étoile dont tout procède, il y eut l’existence de ce qui s’effondre, puis les conditions de possibilité de cette existence, puis les conditions de cette condition, etc. De sorte qu’on pourrait dire plus raisonnablement, ou plus logiquement, ce qui ici revient au même, qu’au commencement était le Logos, autrement dit une raison qui, pour l’instant, en l’état actuel de nos connaissances, échappe à la rationalité connue, au raisonnable fixé, au rationnel entendu, mais demeure tout de même raison. Pas d’autre nom de Dieu ici, ni même de retour à la métaphysique, la physique suffit : des causalités en chaîne qui enclenchent des processus eux-mêmes productifs d’autres développements, etc. » À la loupe de la critique philosophique la plus aiguë il serait facile de mettre à jour les défauts de cette profession de foi puisqu’il s’agit bien de cela : aveu de l’ignorance du premier principe dont on espère qu’il est strictement ‘matériel’ – mais alors qu’est-ce à dire, cela n’est pas précisé ; chez Aristote, le premier moteur, immobile… c’est Dieu – et qu’il s’inscrit dans le temps un commencement encore inconcevable mais engendré d’une chaîne de causes et d’effets comme la mécanique classique (et classiquement rationaliste) en a cru fixer les termes pour toujours. Kant avait fait pourtant la critique définitive d’un tel point de vue ! Quelques pages auparavant, Michel Onfray avait déjà clairement explicité son souhait, celui que lui souffle son inspiration et qui oriente sa foi en la raison. « Comprendre la matérialité de l’âme et ses mécanismes s’avère un travail que les philosophes semblent incapables d’effectuer, il faut, pour ce faire un scientifique. » En effet ! M’avouant moi-même philosophe, j’accepte volontiers d’être mis hors-jeu de cette dialectique-là. Sans disputer. La foi ne se discute pas, qui peut animer aussi subrepticement un discours philosophique.

Je rapporterai ici quelques formulations qui constituent un ‘abrégé’ qu’est cette première partie d’une Brève encyclopédie du monde que Michel Onfray prévoit de publier par étapes. ‘Éthique sans morale’, prétend-il, c’est bien aussi un programme de vie qui ne néglige aucune valeur de l’existence, aucune qualité que la connaissance pourrait à l’avenir délier des fumées théologiques… J’ai choisi celles que nul d’entre nous, au fond, ne saurait négliger ou renier tout en restant, comme c’est mon cas malheureusement, attaché à la conviction d’une transcendance, d’un vrai pôle de valeurs relié à un principe absolu de nature purement spirituelle. C’est un choix qui révèle tout à la fois un partage d’engagement(s) et de ma part, indirectement, une contestation radicale de son ‘matérialisme’ ! Mais qu’il est difficile de comprendre ! Toute la philosophie a pour enjeu de dénouer cette funeste rivalité de la subjectivité comme marque exclusive de l’Esprit pur et de la matérialité comme marque sidérante d’une prétendue objectivité (objectalité) séparée. J’en viendrai forcément à citer Michel Henry dans un paragraphe suivant : c’est lui qui situe le mieux ce problème en philosophie contemporaine. On est loin d’être parvenu à le surmonter : impuissance du langage sans doute, parasité par l’objectivisme obligé de sa syntaxe qui se construit invariablement toujours à partir de l’expérience sensible. Je note ces propositions en italiques, distinctement, comme Michel Onfray l’a fait lui-même : Sculpter la nature, ne pas la supprimer (…) Connaître la loi du vivant en nous (…) Accepter notre destin de mammifère (…) Mettre la culture au service de la pulsion de vie (…) Vivre le temps des astres plus que celui des chronomètres (…) Travailler pour vivre et non vivre pour travailler (…) Habiter densément l’instant présent, être pour ne pas avoir à avoir (…) Vivre en étant et non survivre en ayant (…) Se savoir pure matière (…) Connaître le fonctionnement de sa psyché matérielle (…) Savoir que nous ne sommes pas dans la nature mais la nature (…) Récuser toute pensée magique (…) Découvrir le mécanisme de son horloge biologique (…) Vivre selon les cycles païens du temps circulaire (…) Dépasser l’épistémé chrétienne (…) Utiliser la physique pour abolir la métaphysique (…) Interroger les sagesses préchrétiennes en vue d’un savoir postchrétien (…) Récuser tout savoir inutile d’un point de vue existentiel (…) Souscrire à un matérialisme intégral (…) Expérimenter le sublime par la contemplation du cosmos (…) Se réconcilier avec les animaux (…) Prendre des leçons des animaux (…) Traiter les animaux en alter egos dissemblables ; refuser d’être un animal prédateur (…) Faire de l’éthologie la première science de l’homme (…) S’exercer à mener une vie poétique (…) Augmenter sa présence au monde (…) Emprunter aux artistes leurs voies d’accès au monde… (pp 514, 515) Ces dernières propositions sont des plus intéressantes ; elles détachent une esthétique que son amour pour l’art musical manifeste le plus pleinement. Mais comment associer ‘matérialisme’ et sens du sublime, même en citant le physiologiste anglais Burke (p. 488) de préférence à Kant, fondant cette expérience sur une émotion provoquée au spectacle direct des paysages les plus grandioses de la nature ? Et comment une autre émotion de nature comparable pourrait-elle nous commander le respect de la vie animale si comparable à la nôtre ? Je n’ai pas été convaincu.

La lecture de Michel Onfray m’a invité à une relecture, celle d’un livre moins retentissant, de Pierre Hadot (2), qui nous instruit mieux des leçons du naturalisme et de ses vicissitudes, finalement de son évolution vers une ontologie. J’ai nommé le Voile d’Isis qui commente largement le célèbre aphorisme d’Héraclite (« La Nature aime à se cacher ») pour montrer que c’est la nature même qui peut se cacher pour se préserver mais aussi pour préserver l’homme des excès de son égoïsme, cette prédation dénoncée par Vaneigem, nous l’avons vu, et Onfray. Ce qui résumerait toute notre histoire mais peut-être sans parvenir à préciser notre vraie place au sein de la nature, ce rapport secret qui ne se révèle qu’en une tout autre interprétation. Pierre Hadot distingue deux attitudes fondamentales à l’égard des secrets de la nature : « … l’une volontariste, l’autre contemplative. Nous avons mis la première sous le signe de Prométhée, qui, se consacrant au service des hommes, dérobe, par la ruse ou la violence, les secrets divins. Cette attitude a d’ailleurs revendiqué très tôt sa légitimité en affirmant le droit de l’homme à dominer la nature – conféré à l’homme par le Dieu de la Genèse – et à la soumettre, s’il le faut, à une procédure judiciaire et même à la torture, pour lui faire livrer ses secrets (…) Magie, mécanique et technique se situent dans cette tradition, et par ailleurs, elles ont pour fin, chacune à sa manière, de défendre les intérêts vitaux de l’homme (…) Quant à l’autre attitude, nous l’avons mise sous le patronage d’Orphée. Cette fois, si la nature veut se cacher, c’est notamment parce que la découverte de ses secrets est un danger pour l’homme. En intervenant techniquement dans les processus naturels, l’homme risque de les troubler, et, pire encore, de déchaîner des conséquences imprévisibles. Dans cette perspective, c’est l’approche philosophique ou esthétique, le discours rationel et l’art, deux démarches qui ont leur fin en elles-mêmes et qui supposent une attitude désintéressée, qui seront les meilleurs moyens de connaître la nature. À côté de la vérité scientifique, il faudra ainsi admettre une vérité esthétique qui procure une authentique connaissance de la nature. Ces deux attitudes sont, en soi, tout à fait légitimes, même si l’on peut déceler, dans les deux, de graves déviations possibles. Et, si opposées soient-elles, elles ne s’excluent d’ailleurs pas mutuellement de manière totale. » (p. 407) Mais, tandis que Michel Onfray s’en remet entièrement au pouvoir de la science reconnue seule capable, par la connaissance objective, de nous délivrer des passions de l’ignorance et de l’obscurantisme, Pierre Hadot distinguait une évolution de ce naturalisme même vers une nouvelle appréhension du mystère  de l’exister auquel seule, par contre, une méditation philosophique donne accès. « Le voile d’Isis ne signifie plus alors les secrets de la nature, mais le mystère de l’existence. (…) L’allégorie du voile d’Isis fournit ainsi aux romantiques un moyen littéraire d’exprimer des émotions qui, sans doute, n’étaient pas totalement nouvelles, mais qui étaient devenues de plus en plus intenses, depuis Rousseau, Goethe et Schelling : à la fois l’émerveillement et la terreur devant l’existence du monde. Il n’était plus question désormais de résoudre des énigmes particulières concernant le fonctionnement des phénomènes naturels, mais de prendre conscience de ce qu’il y a de radicalement problématique et mystérieux dans le surgissement de la totalité du réel. On peut observer la permanence de cette tradition jusqu’à notre époque. » (p. 408) J’ajouterai volontiers aujourd’hui que c’est là toute l’ambiguité de l’attitude écologique qui oscille entre scientisme déclaré – c’est évident dans le débat autour du réchauffement climatique – et mysticisme païen, ce qui d’ailleurs semble souvent affleurer dans l’ontologie prétendument ‘matérialiste’ de Michel Onfray. Je ne serai pas hors-sujet en signalant au passage la nouvelle édition augmentée du petit livre de Jean-Jacques Wunenburger sur le sacré (3). Il y souligne nettement cette nouvelle orientation du sacré à laquelle ouvre la poésie, un chemin qui va effectivement de Rousseau à Heidegger en passant par Goethe et Schelling. Ce n’est donc plus un athéisme de définition qui s’oppose à un théisme mais une perspective ontologique qui n’est bien évidemment pas du tout celle de Michel Onfray. Autant dire que nous aboutissons plutôt à cette interrogation hautement philosophique qui avait réuni en son temps Martin Heidegger et René Char, à l’origine peut-être de la gnoséologie d’un Bonnefoy interrogeant des peintres comme Morandi ou Hollan. À mon avis, nous nous tenons là au seuil de la vraie question, comme elle est posée par le logion 67 de l’Évangile selon Thomas, rassemblant l’Un du Monde et du Sujet.

C’est dans la phénoménologie matérielle de Michel Henry qu’on trouve maintenant la plus profonde et la plus éclairante analyse du problème dont j’esquisse une nouvelle fois ici les contours. C’est d’abord, et ce serait, autant l’avouer franchement, contre le choix philosophique de Michel Onfray, une dénonciation radicale du matérialisme classique par la récusation de l’objectivisme d’inspiration scientifique. Dans un ouvrage récent reproduisant les notes préparatoires à son livre Paroles du Christ (4), Michel Henry dénonce ce travers de pensée en l’appelant ‘extrincésisme’, un concept qui insiste encore mieux sur cette notion d’extériorité séparée d’une étantité à ce point étrangère et hostile à nous-mêmes. Faute épistémologique et faute morale à la fois : « Critique de l’humanisme : Quand les hommes sont-ils mauvais ? Quand, finis, ils vivent dans et de cette finitude. Le fini n’est nullement le mal en soi. Donc ni le Soi, ni la chair, ni la vie humaine n’est le mal en soi, mais elle porte la possibilité permanente, à savoir l’idolâtrie dont le péché de l’auto-érotisme/égoïsme est la figure emblématique. » (p. 43) Le ‘mal en soi’ c’est la seule affirmation purement logique de cette séparation qui m’éloigne des ‘choses’. C’est en allant encore plus loin, comme il l’a fait tout au long de la progression de son oeuvre qui avait pris pour thème l’essence de la manifestation, qu’il déplace cette notion de réalité qui revient si souvent sous la plume des auteurs précédemment cités. Il dénonce la confusion entre réalité et visibilité, mesurabilité, et invisibilité offerte à co-naissance de la seule vie affective où un Absolu se confie à lui-même à fin de se connaître – de s’exhausser comme disait Stephen Jourdain – ce qui nous éloigne totalement de tout matérialisme déclaré. « Préséance de l’Invisible (qui n’affirme pas pour autant ) l’irréalité du visible, du monde où le visible semble assurer la réalité. C’est le problème de la perception de l’invisible dans le visible… inéluctabilité des relations de la vérité philosophique et de la vérité théologique ? Mais il y a Archi-intelligibilité… Ce qui se montre, c’est Dieu lui-même dans ses actions kénotiques : auto-comunication. » (p. 53) Réponse éminemment ‘gnostique’ qu’un des contributeurs à la revue reproche à Michel Henry puisqu’il préconise le salut par la connaissance et non par l’obéissance !  C’est pourtant le point le plus aigu de la question interrogeant à la fois être et apparaître : où se porte la connaissance la plus légitime et la seule rédemptrice ? Michel Henry a toujours critiqué le logos grec et sa rationalité restée trop fidèle à son avis aux horizons transcendantaux du monde – défaut qui se retrouverait même selon lui chez Husserl et son élève Heidegger ! Mais ce sont les Grecs (Platon et les néo-platoniciens !) qui ont pourtant tenté de discerner cet entre-monde, monde ‘imaginal’ disait Corbin qui avait interrogé la gnose soufie, qui opère passage entre pure idéalité et dure matérialité. Hypothèse métaphysique qui pourrait partiellement résoudre l’injustifiable conjonction de l’être et de l’étant (le leitmotiv chez Heidegger). Michel Henry se contente d’effleurer telle hypothèse qu’il révoque aussi en la soupçonnant d’extrincésisme… en quelque royaume des Idées dont la conception, selon lui, n’échappe pas à la transcendantalité de l’orbe objective : un aveu de la difficulté rencontrée à tout le moins ! « Dans le langage, précisément, la chose se montre (comme) sensible dans le monde (semble-t-il). Alors que les qualités sensibles ne sont que des projections, donc des impressions ‘subjectives’ vivantes, et ne se montrent (par exemple) que comme qualités de la table, i.e. de l’idée de la Table qui se montre elle aussi dans le monde. » (p. 69) Mais bien entendu ce n’est pas ce que retient Michel Henry qui prétend que « le Logos de Dieu, c’est celui d’avant, de la Vie, d’avant le monde… » que seule la révélation johanique des Paroles du Christ nous confie. On n’en sort pas (ce qui a été beaucoup reproché, littéralement, à Michel Henry ; une aporie qu’il s’est attaché toute sa vie à percer !) ; j’en viens donc à penser une fois de plus que la question n’est clairement posée et résolue que dans l’évangile gnostique que j’ai tant cité, et par de simples observations évoquant la parenté du ‘dedans’ et du ‘dehors’ – cet évangile que Michel Henry a préféré ignorer en suivant les conseils de son collègue H.G Puech . C’est un autre débat et, de toutes manières, me voilà par trop éloigné des perspectives ouvertement athées et ‘matérialistes’ de Michel Onfray. La science authentique et la sagesse comme des étoiles inaccessibles ainsi que le croyait Kant ! On voit que la tentation est grande chez Onfray de remettre aux ‘lendemains qui chantent’ l’ultime résolution ‘matérialiste’ de ces problèmes.  J’ai assez dit dans ce blog qu’il était une réponse de l’intelligence et du coeur capable de nous combler, mais c’est au prix d’une libre entreprise de recherche au plus loin même de nos marges culturelles, d’un travail d’élucidation sincère et passionné repoussant nos limites naturelles, précisément ; au-delà du par-delà. Ce sera aussi une vérité indéfiniment à répéter.

(1) Michel Onfray : Cosmos, une ontologie matérialiste, Flammarion 2015

(2) Pierre Hadot : Le voile d’Isis, essai sur l’histoire de l’idée de nature, réédition par folio essais en 2014

(3) Jean-Jacques Wunenburger : Le sacré, sixième édition remise à jour, QSJ 2015

(4) Revue Internationale Michel Henry n°5 : Michel Henry, notes préparatoires à Paroles du Christ, Presses Universitaires de Louvain 2014