Passant (5) À la recherche des idées : jusqu’à quel point expliquer ?

Ma première intention était de rendre compte d’un livre important (1) publié l’an dernier sur les querelles philosophiques qui ont agité la vie intellectuelle des Anciens autour de la théorie des Idées de Platon : et cela va bien entendu des successeurs immédiats de Platon à la fermeture de l’école d’Athènes par Justinien, soit un millénaire de rivalités et de disputes, dominé toutefois par la critique d’Aristote et la reprise de Plotin qui inaugure un néoplatonisme assez éloigné de la pensée inaugurale du fondateur de l’Académie. Sur ce courant de pensée vint se greffer le christianisme qui emprunte beaucoup à la théorie des Idées tout en l’adaptant aux nouvelles croyances qu’il propage : à noter ici le rôle d’Augustin, avant Boèce ; plus tard, des Pères grecs que je citais dernièrement etc… À la lecture du livre de Mauro Bonazzi, je me suis aperçu que la question était par trop complexe, je veux dire : d’une problématique très spécieuse et propre, exclusivement, à la pensée théologique de ces temps-là ; ouvrant des débats où plus personne n’entre aujourd’hui à part de rares spécialistes. Mais cela n’en souligne pas moins l’importance de cette théorie des Idées qui se trouve bien présente, et plus que par une simple allusion, dans les évangiles ‘gnostiques’ dont celui de Thomas, le plus incontestable, avec son allusion aux ‘modèles’. Il semblerait aussi que, bien au-delà des théologies médiévales, l’innéisme cartésien et le transcendantalisme kantien (2) en soient plus tard des prolongements, sans parler d’échos qu’on retrouve aisément dans la phénoménologie historique et plus tard encore dans le réalisme si particulier d’un Gilbert Ryle renouvelant toute la philosophie d’Outre-Manche – mais nous restons entre spécialistes et je ne m’y risque plus ici ! (3) Un intérêt très fort reste à mes yeux ; une question qui demeure en suspens et à laquelle il faut répondre, je crois, pour rendre justice à Platon, et pour évaluer, même à nouveaux frais, l’importance à accorder à l’hypothèse – au moins cela ! – qu’il y aurait des essences éternelles, des mères, des matrices de tous les objets sensibles que l’expérience commune nous fait rencontrer. C’est en tout cas la question ou l’argument de tous ceux qui ont voulu se frotter au platonisme (4). Expliquer quoi finalement si je m’en tiens à un propos didactique élémentaire ? C’est précisément la question surgie dès les Présocratiques, largement informée par Platon et tous ses successeurs, instruite avec autant de passion de nos jours, à la fois par la tradition philosophique et la modernité scientifique, l’une et l’autre également au travail et toujours appliquées à faire progresser la connaissance. En très peu de mots, j’insiste : y a-t-il un invariable absolu de tout ce qui existe, à commencer par nous-mêmes ; quelle est sa nature ; peut-on la connaître ; quelles sont les relations entre cet absolu et nous-mêmes, et comment cette connaissance peut-elle contribuer à nous transformer – en se demandant au passage si de telles questions sont utiles, légitimes, fécondes ?

Le premier point, la première vérité à rétablir concernant Platon, et qui est au cœur même de la question et de toutes ses mésinterprétations, c’est qu’il n’y a pas à proprement parler de dualisme opposant ces réalités sensibles aux réalités invisibles. Du moins, le problème posé par cette difficulté majeure ne lui a pas échappé, d’où une évolution de sa théorie à l’intérieur de ses dialogues. Je reprendrai ici les principales indications qui se trouvent dans l’article Idée de l’Encyclopédie PUF – Notions I pp 1196 et suivantes – (5). Dans les dialogues de jeunesse de Platon, l’idéa ou eîdos apparaît dans la recherche socratique d’une définition comme caractère générique stable en dépit de la multiplicité des choses (dans l’Euthyphon par exemple). C’est dans les dialogues de la maturité par contre (République, Phédon, Banquet), que l’idéa ou eîdos est conçu comme une essence séparée de la chose sensible, une réalité subsistante, suprasensible. C’est le point de vue qui sera critiqué par Aristote et les Stoïciens notamment. Dans les dialogues de vieillesse (Parménide), Platon affronte une autre difficulté, celle de la multiplicité même des Idées. Sans renoncer à son principe fondamental de séparation des Idées, il les associe elles-mêmes à cinq genres suprêmes qui sont le Même, l’Autre, l’Être, le Mouvement et le Repos. C’est la liaison des Idées et du troisième genre en particulier, l’Être, qui est alors le fondement de la matérialité du monde dans lequel nous vivons (Parménide, Timée). Mais c’est encore le caractère trop intellectuel de cette théorie à ses yeux, qu’Aristote critique dans sa Physique comme sa Métaphysique. Pour lui ce sont la matière et la forme qui sont les principes constitutifs de la substance sensible et individuelle, et le rapport entre matière et forme est défini comme un rapport de puissance à acte, des concepts qui introduisent une notion de causalité telle que Platon semblait l’avoir négligée. À mon avis, la critique des Stoïciens semble bien plus pertinente. Ils parviennent en effet à réduire le concept d’idée à celui de pure représentation où sont reçues les impressions des objets sensibles. Mais puisqu’il n’y a de réel pour eux que l’individu ou la chose individuelle, ces notions ou concepts n’ont aucun contenu. On voit donc une nouvelle fois ce mouvement de balance entre un point de vue privilégiant l’idée pure, détachée du monde, et un point de vue réaliste, l’un et l’autre capables d’argumenter de façon convaincante sur la base d’assertions initiales qui restent partielles en tout état. Cette modification apportée par Aristote va influencer la théologie du christianisme romain jusqu’à Thomas d’Aquin qui en élaborera une véritable ‘somme’ théologique tandis que les prolongements néo-platoniciens resteront l’inspiration essentielle du christianisme oriental (byzantin) – et de Jean Scot, cet ovni apparu chez nous au 9ème siècle ! Ce que j’expose là en quelques mots, c’est ce qui va également alimenter toutes les philosophies qui se sont succédées durant les siècles suivants et jusqu’à nos jours, y compris les différents points de vue scientifiques. Et jusqu’à la rupture heideggerienne à son tour critiquée par Michel Henry… C’est ce que j’ai écrit plus haut : quel rapport entre des réalités à ce point éphémères – tout ce qui constitue la trame de notre existence – et des principes stables, immuables, détenteurs d’identité, structurant la réalité incontestable de tout ce qui est. On voit bien aussi que l’aristotélisme inaugurera un courant plus réaliste quand le platonisme restera le fondement inébranlable de l’idéalisme. Les critiques mêmes adressées actuellement à Michel Henry le sont en direction d’une philosophie radicale de la subjectivité… pour une affirmation demeurée catégorique de l’extériorité demeurée le lieu de la réalité, de la dé-monstration de toute vérité.

Avant d’insister un peu plus sur la thèse néoplatonicienne qui  se maintiendra en dépit de toutes les attaques et les condamnations mêmes prononcées par les Conciles, je m’attacherai à dénombrer les principales difficultés que les théologiens du Moyen-Âge ont tenté de résoudre. Je renvoie cette fois à l’article Idées divines de l’Encyclopédie PUF (pp 1190 et suivantes). Les idées comme êtres créés : c’est la thèse de Jean Scot, qui n’a pas triomphé, comme je l’ai rappelé. Elle a néanmoins influencé de nombreux théologiens – la transmission se faisant le plus souvent en cachette – avec d’autres influences plus autorisées, celle du Pseudo-Denys ou celle d’Augustin… La pluralité des idées : c’est leur rapport à l’unicité de Dieu qui fait surtout question ici. Par exemple, Bonaventure va régler le problème en pensant que c’est notre façon de parler qui est à l’origine de la pluralité des idées, qui en réalité ne sont qu’une seule et même chose. Le problème du lieu des idées : c’est presque le problème identique, pris sous un autre aspect, celui de la proximité au Verbe qui est l’exemple parfait de l’unicité divine. Il s’agira donc de définir avec le plus de précision possible cette proximité, voire à situer les idées dans l’orbe du repos divin, ce qu’avait proposé Jean Scot ! Le rapport entre les idées et l’essence divine : nous restons dans le système clos de définitions qui s’opposent catégoriquement entre elles, ce qui provoquera finalement la critique généralisée de cette doctrine des idées par Ockham préférant à l’option ‘idéaliste’ des idées préconnues en Dieu, celle de choses préconnues comme productibles par les humains. C’était retourner dans tous les sens un même problème insoluble : l’opposition entre une réalité qui s’impose par sa matérialité (et donc une irréductible multiplicité), à une conception de l’essence prédéterminante mais immobile et invariable, qui ne peut donc se déflorer aux contours d’une existence singulière. Maintenant je peux préciser ce qui a fait la force du néoplatonisme de Plotin, et qui a provoqué du même coup a contrario la méfiance et la suspicion des théologiens chrétiens. C’est chez l’historien de la philosophie Lambros Couloubaritsis (5) que j’ai trouvé l’exposé le plus clair de cette percée gnoséologique réussie par Plotin, qui nous signale la véritable liaison qu’on peut établir entre intelligible (domaine des Idées) et sensible (domaine des objets d’expérience) : « Tout se passe comme si Plotin cherchait à écarter, moyennant la participation, l’homonymie de l’être au bénéfice d’une plus grande analogie entre la réalité intelligible et la réalité sensible. (Plotin) situe l’Être proprement dit sur le plan de l’Intelligence, comme lié à l’Intelligence, tout en manifestant le sensible comme tributaire de l’intelligible suivant le mode de la participation. (…) Si le principe d’analogie est fonctionnel et si l’Intelligence est effectivement de l’ordre de l’être, du repos et du même, elle n’en implique pas moins en elle un autre type de mouvement, mouvement propre à l’incorporel, qui n’a rien à voir avec le mouvement physique, si ce n’est en tant que son modèle… Toujours dans cette conception du sensible en devenir et animé, Plotin intègre la théorie aristotélicienne du devenir et de l’unité des formes et des matières. Comme ces formes sont tributaires des Idées transcendantales, elles perdent leur lien indissociable avec les ‘spécificités’ ou, plutôt, celles-ci s’identifient avec les formes qui ne sont plus seulement des manifestations phénoménales des spécificités, mais deviennent les spécificités mêmes, images ou copies issues des archétypes transcendants. » (p. 705) Plotin fait preuve d’une adresse remarquable parce qu’il n’use jamais du concept de ‘création’ et trouve ses solutions en jouant sur les  rôles interférents des Idées et des genres dans un processus de manifestation qui n’altère pas la conception globale de son hénologie. Si le plotinisme n’a pas triomphé dans les siècles suivants et au Moyen-Âge, c’est parce que, je suppose, la théologie d’Aristote s’est trouvée finalement plus concordante avec la révélation chrétienne : un point de vue autant physicaliste (rôle déterminant attribué à la causalité) qu’historiciste (le temps situé comme dimension matérielle la plus irrécusable de la création), point de vue qui triomphera finalement.

Maintenant, je me pose la question : jusqu’à quel point expliquer ? Quel point final, tout comme celui qu’on pose à la fin d’une phrase quand ce qui a été formulé l’a été suffisamment dans la conception de son auteur ? Avec l’autorité logique nécessaire capable d’entraîner la conviction d’un destinataire connu ou inconnu… De plusieurs lecteurs qui correspondent directement avec moi j’ai reçu des réactions atterrées après la lecture de mes deux articles sur le ‘modèle’ érigénien. D’abord, bien sûr, le caractère savant et très élaboré des questions posées dès le Haut-Moyen-Âge, avec un raffinement conceptuel encore plus pointu que celui des Anciens – on n’a guère fait mieux depuis – quand les peuples vivaient pour la plupart dans un océan de boue et de misère, environnés par la violence extrême des guerres et les ravages de fléaux naturels imposant partout un climat de quasi terreur existentielle dont on n’a plus idée ! Et donc, surtout, quels arguments, quelles raisons trouvées, ou imaginées, depuis si longtemps, qui n’ont pas triomphé, ni les unes, ni les autres, les plus fines déjà énoncées dans l’antiquité la plus reculée, leur perfectionnement et leur ressassement au fil des siècles n’ayant engendré que confusion et rivalité grandissantes, violence toujours. Qu’on songe un peu à ces schismes qui ont déchiré toutes les grandes religions, aux conséquences meurtrières toujours vivaces, et toutes ces tragédies également reproduites dans toutes les ‘révolutions’ politiques qui ont secoué les deux siècles précédents. Quand on préfère à présent ouvrir un nouveau chapitre : laisser mourir la planète pour le plus grand profit du capitalisme mondial en dépit de la certitude d’une extinction ‘à terme’ de l’espèce humaine… Et n’importe qui peut l’éprouver aujourd’hui : toujours… ignorance et violence… en un unique cercle infernal de reproduction du pire… Dans l’ignorance de toute philosophie et, comme je le constate souvent, parti-pris d’ignorance, ignorantisme favorisant tous les obscurantismes pour les résultats que l’on sait. Il y a d’un côté la conclusion pessimiste, à la limite des conceptions nihilistes d’un Emil Cioran développant la figure shakespearienne d’une ‘histoire racontée par un fou’, et la conception optimiste que je verrais plutôt simplement réaliste, mais à un degré supérieur de réflexion. Parce qu’il n’y a pas d’arguments et que les concepts, les notions, les idées et toutes productions mentales ne conduisent jamais au-delà d’elles-mêmes ; leur juste perspective, et leurs contradictions, et leur échec généralisé, ne pourraient-ils favoriser autrement une nouvelle épreuve radicale de réalité et vérité, celle-ci libérant le pouvoir de celle-là, un ‘éveil’ comme on dit en philosophie orientale (qui n’est alors plus seulement philosophie…) et une épreuve contenant infiniment plus de valeur existentielle que tout contenu intellectuel capable de signifier en ses propres termes, ses raisons même les plus subtiles ?  Dire quoi donc ? Qu’une autre voie de réalisation est possible, qui donne vie à un degré plus vaste d’expérience, de plénitude enfin, de rassérènement et de courage, de complétude, tout cela au présent même de cette épreuve ? C’est la voie que j’avais eu l’inspiration d’emprunter, dès mes premières lectures de Krishnamurti au début des années soixante, en même temps que je découvrais les limites d’une pensée comme les posaient avec tant d’autorité Wittgenstein, et les limites d’une exclusion déclarée de pensée comme la pratiquait Emil Cioran que j’ai cité plus haut – un nihilisme radical, une ‘gnose noire’ a-t-on pu dire. Et c’est dans l’évangile gnostique de Thomas que j’ai trouvé la formule à laquelle je suis resté constamment fidèle au cours de mes recherches : « Celui qui connaît le Tout, s’il est privé de lui-même, est privé du Tout. » (log. 67) – la plus parfaite condamnation de l’esprit de système et de tout dogmatisme.  Dans ce texte irremplaçable, c’est également la formule « un mouvement et un repos », à mon avis proche de Plotin, qui offrait une issue certaine aux impasses des Anciens comme à celles des Médiévaux qui allaient hériter de leurs concepts. Ce qui veut dire aussi que c’est l’intuition fondamentale, l’inspiration primordiale de chacun qui doit se libérer elle-même tout en se frottant à la parole des grands ‘témoins’ qui se sont fait entendre au cours de l’Histoire. Le Dit de l’impensable, que j’ai composé dans les années quatre-vingt-dix, est le fruit de cette recherche et de cette réflexion. C’est, au contraire d’un système, un ensemble, un rassemblement de propositions qui désignent, ‘pointent vers’ (j’emprunte le mot à l’anglais to point… qui est la traduction d’une expression de Nisargadatta par Ramesh Balsekar), une perspective d’indices sûrs pour signifier cette hénologie plotinienne qui avait inspiré Jean Scot, et que je corrige en l’appelant l’Un-en-Deux ; mais c’est de ‘moi’ qu’il s’agit en cette conjonction d’un mouvement (d’histoire, de destinée) et d’un repos (essentiel, absolu) où je me tiens personnellement. Par exemple, encore, les concepts d’apparessence et d’apparaissance que j’ai dernièrement avancés, jumeaux sinon identiques, on l’aura compris, ne sont pas de philosophie pure mais renvoient à l’expérience à la fois unique et universelle où le Seul se donne à co-naître dans la réflection, la découverte d’un singulier par lui-même.

J’enjambe volontiers toute l’histoire de la philosophie – pourquoi pas , c’est d’une seule histoire qu’il s’agit et des mêmes répétitions – pour rappeler une nouvelle fois que c’est bien chez Henry qu’on peut trouver aujourd’hui cette mise en perspective ‘correcte’ d’un subjectivisme qui n’est ni solipsisme ni idéalisme. Mais doit-on l’appeler ainsi : je reproche à ‘philosophie de la vie’ de trop objectiver – quant à ‘vitalisme’, n’en parlons pas ! Je m’en suis expliqué, et Michel Henry mieux que moi ! Mais en arriver là (autant dire ‘ici’) ne dispense pas du voyage et des efforts de la connaissance comme de la catharsis en quoi consiste au fond la connaissance de soi-même. Pour ne pas avoir à y revenir, je propose aussi des adresses sur le net qui faciliteront l’approfondissement de la question à ceux qui désirent le faire ; je propose aussi aux nouveaux ‘iconodules’ de la BD une reproduction du tableau de Raphaël : l’École d’Athènes, qui fixe en image tout le problème, Platon ‘pointant’ vers le ciel et Aristote ‘pointant’ vers la terre ! Je l’ai dit aussi plus haut et je le répète ici : c’est toujours du même problème qu’il s’agit, comme le signalait Paul Ricoeur dans une (fausse) confidence à Marc Richir : « Avec Henry, on est toujours dedans (l’intériorité) et on ne peut pas sortir ; avec Levinas on est toujours dehors (l’altérité) et on ne peut pas entrer ! » Seulement voilà il aurait fallu savoir qu’on n’entre ni ne sort en ‘lecture essentielle’ du monde, quand le Tout se révèle (égal à) moi-même et réciproquement, véritable Everest de l’expérience humaine auquel Stephen Jourdain avait eu accès et dont il nous a offert généreusement les plans.

http://philosurlenet.perso.libertysurf.fr/Encyclopedie/PLATON.html

http://sophia.free-h.net/spip.php?article443http://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_1952_num_50_25_4379

http://agora.qc.ca/documents/aristote-lopposition_daristote_a_la_theorie_des_idees_de_platon_par_charles_renouvier

http://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_1949_num_47_14_4188

http://www.persee.fr/doc/antiq_0770-2817_1949_num_18_1_2878

ecoledathenes

(1) Mauro Bonazzi : À la recherche des Idées Platonisme et philosophie hellénistique d’Antochius à Plotin – Vrin 2016

(2) Je renvoie sur les détails de cet aspect particulier de la question au résumé proposé par l’article Idée que j’ai cité dans l’Encyclopédie Philosophique Universelle des PUF : c’est une question que j’aborderai à nouveau en enrichissant la ‘gnoséologie’ esquissée dans ce blog, citant de nouveaux auteurs, recourant bientôt à la nouvelle collection ‘Histoire personnelle de la Philosophie…‘ qui est en train de paraître en 7 volumes également aux PUF

(3) Delcomminette, Mazzù et alii : l’idée platonicienne dans la philosophie contemporainejalons – Vrin 2012

(4) C’est une remarque que l’on doit au métaphysicien Whitehead qui prétendait que toute la philosophie n’était qu’une collection de commentaires ajoutés aux dialogues de Platon !

(5) Lambros Couloubaritsis : Histoire de la philosophie ancienne et médiévalefigures illustres – Grasset 1998 – Très savant, mais plaisant comme du Libera ; cela se lit comme un roman !

Un commentaire sur “Passant (5) À la recherche des idées : jusqu’à quel point expliquer ?

  1. J’ai remarqué pour moi-même combien ma lecture et ma compréhension diffèrent, et parfois radicalement au point d’être tout autre, selon la manière dont je me situe – entendez mes convictions – par rapport à votre propos. Un seul parti pris – ne serait-ce que celui d’attribuer une valeur de vérité absolue à la philosophie que vous présentez -, et c’est le drame : la confusion qui s’empare de tout mon champ de conscience, et l’inévitable resserrement intérieur qui s’ensuit. Au contraire, je peux témoigner que lorsque je lis vos articles sans parti pris intellectuel – et existe-t-il un autre type de parti pris qu’intellectuel ? -, c’est l’évidence que c’est ‘cela’ : ou plutôt, « c’est ça ! » comme ce cri qu’on pousse lorsqu’on reconnaît d’une manière inattendue quelque chose qu’on pressentait sans mettre les mots dessus. C’est là que je me rappelle la mise en garde commune à tous les ‘éveillés’ et que Jourdain formule ainsi : veiller sa pensée. Y-a-il une vérité qu’on puisse qualifier de pure ou d’absolue en ce qu’elle ne serait pas une fabrication mentale, une construction intellectuelle, et si oui, peut-elle être connue ? La réponse est oui, mais cela, on ne peut le savoir que pour soi-même : une telle vérité demeure le secret de celui qui l’éprouve. Si elle est intransmissible, est-elle pour autant indicible et étrangère à la pensée, voire son ennemi ? La réponse est non : il est possible non seulement de parvenir à une compréhension absolue et objective de la vie, mais d’exprimer la vérité pure avec laquelle une telle compréhension s’identifie ; la pensée fait elle-même partie du réel – partie et non pas tout – et c’est tout l’effort d’un Jean Scot et toute l’utilité du concept d’Idée pour parvenir à la penser. Pour être bien reçue et féconde, une telle lecture devra elle-même se faire indépendamment de nos désirs et de nos peurs qui brouillent notre perception : c’est par un acte de conscience, d’attention mais totale à notre esprit, que nous pourrons surprendre les pré-jugés qui nous empêchent de connaître la vérité, et nous libérer du point de vue partiel et donc erroné auquel ils réduisent non seulement notre compréhension mais surtout, notre vie toute entière réduite à peau de chagrin. La subjectivité de chacun – c’est à dire lui-même à sa source, en toute pureté (Bibi disait Jourdain) – s’identifie à l’Objectivité qui, pas plus que moi, n’est pas « comme il pleut » (toujours Jourdain !) : l’esprit – quel autre terme plus apte à rendre compte du sujet que nous sommes, toujours en amont ou en deçà de toute situation donnée ? – qui se révèle l’Esprit quand il se connaît (quand l’Esprit Se co-naît en moi) ! C’est la voie (dé)couverte par le Romantisme en Europe, certes sans être allé jusqu’au terme, et l’on comprend bien, alors, combien le concept d’Idée a du rapport avec la vérité pure !

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