Relectures, compléments (4) Ibn’Arabi

La sagesse des prophètes, le Verbe de Moïse, trad. de Titus Burckhardt

Comme l’indique la Parole prononcée au nom de Dieu : « J’étais un trésor caché. Je voulus être connu, et J’ai créé le monde », le mouvement du monde de la non-existence à l’existence est (en réalité) le mouvement de l’amour se manifestant. D’autre part, le monde aussi aime se contempler lui-même comme existant, de même qu’il s’était contemplé lui-même dans son état d’immobilité principielle. Sous quelque face qu’on le considère, le mouvement du monde de son état de non-existence permanente vers son existence sera un mouvement d’amour, du côté divin comme du côté du monde.

Car l’Essence aime la perfection ; or, la connaissance qu’a Dieu de Lui-même en tant qu’Il est indépendant des mondes, ne se rapporte qu’à Lui seul ; pour que la connaissance soit parfaite à tous les degrés, il faut que la connaissance de l’éphémère, connaissance qui résulte précisément de ces indéterminations, – à savoir des déterminations du monde en tant qu’elles existent – se réalise également. La perfection divine s’exprime donc en ce qu’elle manifeste la connaissance relative aussi bien que la connaissance éternelle, de sorte que la dignité divine de la Connaissance soit parfaite sous l’un et l’autre aspect.

De la même manière se parfait l’Être. Car l’Être est d’une part éternel et d’autre part non-éternel ou devenir. L’Être éternel est l’être de Dieu en Lui-même ; l’être non-éternel est l’Être divin se reflétant dans les ‘formes’ du monde immuable (les archétypes) ; c’est ce qu’on appelle devenir (ou événement) parce que l’Être s’y manifeste par une partie à l’autre. Il se manifeste donc à Lui-même dans les formes du monde, afin que l’Être soit parfait sous tous les rapports.

Le mouvement du monde est donc né de l’amour de la perfection. Ne vois-tu pas que Dieu soulagea les Noms divins de leur état de ‘contraction’ où ils se trouvaient avant la manifestation de leurs effets dans cette substance appelée monde ? Il aime le repos, et il ne l’atteint que par l’existence formelle, ni plus ni moins. De là résulte que le mouvement est motivé par l’amour, et qu’il n’y a pas de mouvement dans le cosmos qui ne soit un mouvement d’amour. (p. 177) 

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