ce qu’il fallait dire ; ce qu’il ne faut pas oublier (2)

Maître Eckhart l’a dit, puisqu’il s’agit du sermon n° 6 justi autem (édit. de Libera); nous avons reçu ce témoignage ultime, cet enseignement ultime : pouvons-nous l’oublier, pouvons-nous ne pas le ‘retenir’ ? Bien sûr, nous ignorerons toujours ce que ces paroles signifient, nous en perdrons toujours le sens véritable si nous restons accrochés aux objets de l’empirie, aux concepts qu’ils inspirent, à l’aliénation totale qu’ils provoquent – peurs et désirs récurrents. Mais les mots d’un maître de connaissance rejoignent ceux d’un autre et ceux-ci peuvent être reçus comme la leçon essentielle illustrée par la métaphore de l’œil évoquée par Ibn’Arabi et ses commentateurs. Le mot savant qui désigne ce mystère, on peut dire ce processus, pourquoi pas, c’est l’amphibolie (de l’Un en Deux). Mais je n’ajouterai pas ici de commentaire. Je cite ; à mon lecteur de faire son travail, ce qui lui revient :

Nous célébrons ici dans cette vie temporelle, la naissance éternelle que Dieu le Père a réalisée et réalise encore sans interruption dans l’éternité (savoir) que cette même naissance se produit aussi dans le temps, dans la nature humaine… Mais quand elle ne se produit pas en moi, que m’importe ?

Le Père engendre dans l’éternité le Fils, comme son image… Et le Père engendre son Fils dans l’âme exactement comme dans l’éternité et pas autrement. Il faut qu’il le fasse, que cela lui plaise ou non. Il l’engendre sans interruption. Et je dis en outre : il m’engendre comme son Fils. Oui, il ne m’engendre pas seulement comme son Fils, il m’engendre comme lui et lui comme moi, il m’engendre comme son essence propre, sa propre nature : dans la source la plus profonde je jaillis dans l’Esprit saint, là où il n’y a qu’une vie, une essence, une œuvre.

Tout ce que Dieu opère est un, c’est pourquoi il m’engendre comme son Fils, sans qu’une séparation intervienne… un avec Lui et non semblable à Lui… C’est maintenant qu’il l’engendre, aujourd’hui…

Dieu doit carrément devenir moi et moi Dieu : si complètement un que ce lui et ce moi deviennent une seule chose et le demeurent, et – comme l’être pur lui-même – soient dans l’éternité les ouvriers de la même œuvre… Ici l’âme et la Déité sont un, ici l’âme a découvert que c’est elle le royaume de Dieu…

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