Le bonheur de Spinoza…

Le bonheur… de Spinoza ??? Mais manquer à cela, c’est manquer à tout !!! Et combien l’ont oublié, se livrant à ces spéculations intellectuelles qui, loin de donner force à la philosophie, écartent non seulement les curieux, mais les inspirés désireux de (se) connaître et d’arpenter les chemins de cette voie la plus sûre entre les deux précipices de l’objectivisme et du subjectivisme.

L’unité d’une philosophie ne se situe pas sur le même plan que les idées qu’elle élabore et qu’elle professe. Celles-ci sont toujours multiples, et la pluralité est inhérente au domaine spéculatif. L’unité est dans la détermination inté­rieure, c’est un substrat, un contenant. Mais cette unité elle-même n’est pas une idée. Si le principe d’unification comprend en lui toutes les idées, il en diffère pourtant dans sa nature comme le naturant diffère du naturé. L’entendement nous découvre la richesse et la fécondité de ce principe dans la pluralité des représentations qu’il met en oeuvre pour l’éclairer. Mais il n’est qu’une médiation, qu’une traduction. Ce qu’il y a de plus pro­fond, c’est le sentiment que les idées expriment, et dans lequel elles trou­vent leur vraie raison d’être, leur unité, la nécessité de leur liaison inté­rieure, de leurs rapports réciproques et de leur groupement. L’objectif, c’est de l’apparence, le subjectif, mais entendu comme une nécessité interne, c’est ce qui est réelLe moi, dont le sentiment lui révèle précisément l’existence, n’est pas une ombre entachée de subjectivité et qu’il faut bannir à tout jamais de la recherche pour garantir à celle-ci une « objectivité » toujours illusoire, mais cons­titue, envisagé sous son aspect le plus profond, un élément de ce substrat du monde que la connaissance se révèle incapable d’atteindre et où le Moi, au contraire, puise ses racines….  D’autres hommes, pourtant, sentiront leur apparte­nance à Dieu, sans éprouver le besoin, et sans doute parce que cette appartenance est plus parfaite, de s’en donner la théorie. Les mystiques, les simples, connaîtront aussi le bonheur de Spinoza.   [1]


 [1] Michel Henry, Le Bonheur de Spinoza, 139-140, 142, 146. .

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