Ce sont trois livres, comme tant d’autres cités au cours des années d’existence de ce blog, qui contribuent à créer des convergences confortant mon propos, l’édification d’une spiritualité universaliste qui tienne compte pareillement de l’existence d’un monde dont nous sommes. C’est peut-être évident pour le Tibétain et le Japonais, beaucoup moins en y ajoutant le Français qui est universitaire, sociologue, enraciné dans notre tradition occidentale ouvertement plus scientiste. Mais la mondialisation, chacun le sait désormais, crée des rapprochements, tout comme elle creuse des écarts suivant qu’elle rassemble des pensées et des thématiques autour d’aspirations nouvelles, signalant par là-même la nocivité de passions toujours enracinées : ignorance, superstitions religieuses, rivalités ethniques et économiques, et la guerre, cette fatalité abominable qui nous étreint toujours aussi tragiquement. De progrès d’ailleurs, y en a-t-il, depuis la faillite de l’Histoire occidentale au cours des révolutions et conflits du siècle passé, ou même le déroulement inexorable de progrès qui semblent maintenant nous menacer bien plus qu’ils n’assurent confort et bonheur, inégalement d’ailleurs, et jamais pour tous le plus souvent !
Chogyam Trungpa, exilé tibétain aux Etats-Unis ; Nishida Kitaro, Japonais de souche, penseur universitaire et traditionnel abreuvé de culture et philosophie occidentale – il a lu Husserl, Heidegger – veulent pareillement revivifier leurs traditions séculaires, le Bouddhisme, en transformant une pensée et une langue que les Occidentaux sauraient comprendre, qui les toucheraient au plus profond de leurs aspirations et de leurs sentiments ; Edgar Morin, incarnant un puissant effort intellectuel visant à universaliser une pensée contemporaine capable de prendre en compte découvertes scientifiques de pointe (en tous domaines) et souci humaniste, personnaliste, tel qu’il s’est formulé chez nous en post-modernité, à la fin des années 60. Son concept d’Humanité est très proche de celui de Teilhard de Chardin, on le remarquera.
Pour moi, le texte capital de Chogyam Trungpa, celui qui m’a le plus vivement touché, c’est son livre publié en français en 1976 dans la collection Sagesses du Seuil et maintes fois réédité : Pratique de la voie tibétaine – Au-delà du matérialisme spirituel. La formulation de ce concept à cette époque était passionnante et sa critique des pratiques spirituelles, des intentions psychologiques qui les sous-tendent (désir personnel de réussite et peur de l’inconnu), rappelait celle de Krishnamurti qui avait carrément choisi de s’éloigner de toute religion constituée, de toute secte ou organisation. Le désir de changement doit manifester un courage, un héroïsme même, sans comparaison : il s’agit de tout brûler des acquis du passé pour ‘sauter’ dans l’inconnu, un saut existentiel libre de toute mentalisation préalable, forcément égoïste et morcelée. Pour Trungpa cependant la guidée d’un maître vivant reste indispensable tant la voie reste périlleuse dans ces conditions-là. Chaque chapitre de l’ouvrage, néanmoins, défaisait impitoyablement nos illusions, notre duplicité : il faut absolument les lire ! Maintenant, en comparant Zen et Tantra (Seuil 2010) c’est bien au Zen devenu si populaire en Occident qu’il reproche cette tendance à confondre la fin et les moyens, d’adorer ceux-ci en oubliant celle-là ! Avec des nuances toutefois :
L’un des principes les plus importants et les plus puissants du Zen, son essence ultime, est celui de prajna. Prajna est un état d’esprit doté d’une clarté, d’une certitude complète. Une telle expérience, très rare, est très précise et pénétrante. elle ne peut se produire dans notre état de conscience que, disons, un centième du temps. La nature de prajna se signale d’abord par l’égarement. (…) Assez étrangement, c’est le vent de prajna. Être conscient de votre propre stupidité est, dans une très large mesure, le premier éclair de prajna… Cependant, nous ne pouvons pas être totalement stupides. Notre stupidité n’est pas à ce point solide. Il y a des failles dans lesquelles nous oublions notre stupidité et notre égarement. Ces interstices, ces intervalles où nous avons un peu d’espace – à coup sûr, c’est prajna… D’après Trungpa, la tradition Zen – vie monastique austère, rituels contraignants – n’aurait pour but que de favoriser cet ‘égarement’ qui, lui-même, favorise en ses courtes pauses, peut-être même à la suite d’un épuisement, le jaillissement de prajna, lumière d’intelligence pure et totale qui transcende l’existence. C’est comme une ‘blague’ dit-il, une exagération de tout ces comportements aggravant la ‘stupidité’ qui favorise le surgissement d’un éclair de lumière sans défaut. Sans prolongement, sans suite, il n’y en a plus : un éclair d’éternité ! Mais l’approche zen de la tentative d’être ici et maintenant est légèrement différente de l’approche tantrique : dans la tradition zen, être ici et maintenant a encore quelque chose à voir avec un voyage, un processus. L’existence est structurée par l’observance des règles – presque au point de considérer hier, aujourd’hui et demain plutôt que de s’abîmer dans l’aujourd’hui, d’être aujourd’hui. (…) Dans la tradition tantrique, l’expérience de l’existence est considérée comme un océan sans rivages, un ciel sans limite – ou juste comme un point, une situation. Dès lors, l’idée de ‘non-deux’, de non-dualité, le principe de l’advaïta, est un principe important dans le bouddhisme tantrique. Mais ‘non-deux’ ne signifie pas seulement ‘être un’. Si l’on n’a pas deux, on n’a pas un non plus. C’est juste’ non’, plutôt que ‘ne pas’. Il ne reste absolument rien qui fournisse des repères, une source de complaisance méditative, ni même de déception. Le tantra, c’est ‘une-valeur’ – ce qui signifie sans-valeur. (pp 58-59) Cela signifie bien qu’une voie négative même n’y suffit pas, trop conceptuelle encore en dépit de pratiques abruptes ! Il développe ainsi l’image de la coupe et du marteau, soit une emprise mentale dont il faudrait trouver l’instrument le plus capable de la briser (p 60…) Mais, dans ce but, il faut acquérir un marteau, vendu sous forme d’intellect, de livres, de pratiques. Et alors on commence à considérer le marteau comme plus valable que l’usage auquel il est destiné : on l’orne de symboles sacrés et on le couvre de sutras. C’est que l’on désigne la réalisation de shunyata comme ‘ne pas’ plutôt que comme ‘non’ : le marteau doit démontrer la fragilité de la coupe, en la frappant et en la réduisant en pièces. Bien que cela semble identique, dans la tradition tantrique, qui est celle d’un guerrier sans épée, on n’a pas besoin de marteau. On n’a besoin ni d’une paire de lunettes ni d’un microscope électronique pour observer les dharma, les phénomènes. On se sert d’yeux une-valeur, d’un esprit une-valeur, de mains nues une-valeur pour démontrer la fragilité de la coupe. C’est une approche très brutale, pourrait-on dire, une approche très directe. (p 60)
Il faut déchaîner la ‘réalité se‘, comme Jourdain dit l’idée se, en un éclair qui volatilise la hiérarchie même inhérente aux concepts enfantés d’une pensée logique, soit ontologique, soit axiologique : ‘à brûle-pourpoint’ avait dit aussi Jourdain ; c’est ça ! L’immédiat promu valeur unique et contre toute représentation…
Nishida, dans Le monde de l’agir – problèmes fondamentaux de la métaphysique I (Mimesis 2025) tente d’une manière plus métaphysique de définir une approche encore plus subtile, et qui pourrait séduire les Occidentaux: L’expression objective supposée au fond de la connaissance logique devrait être aussi pensée, de nos jours, depuis la position de l’autodétermination de la chose individuelle. Elle devrait être fondée sur la saisie de l’insaisissable. La signification de l’expression objective est à chercher là où les choses qui se trouvent hors de la ‘détermination conceptuelle’, à savoir les choses sensitives, se déterminent conceptuellement. Depuis cette position, le fait que l’universel se détermine doit être abordé, lui aussi, depuis le fait que la chose individuelle se détermine.
Le fait que la chose individuelle se détermine ne signifie pas qu’une extrémité inaccessible serait saisie en qualité de détermination de l’universel ; il ne signifie pas qu’un instant serait saisi. La chose individuelle ne saurait être pensée suivant cette perspective. Le fait que la transcendance se détermine de manière immanente doit signifier que la chose individuelle se détermine. Telle est, invariablement, la signification de l’actualité en tant qu’elle se détermine. Or, quel est le processus logique qui permet de penser un tel fait ?
Toute chose existante existe de la manière suivante : l’universel détermine la chose individuelle, tandis que la chose individuelle détermine l’universel. Tel dit être l’hypokeimenon véritable, le subjectum qui ne peut être lui-même prédicat d’aucun autre. Non seulement il dépasse le jugement, mais il le fait aussi s’établir. (p 17)
On voit bien ici se dessiner une dialectique où se rejoignent enseignements orientaux et philosophie occidentale : nous sommes même très proches de Heidegger et de sa définition si personnelle d’une rivalité (qui n’en est pas une non plus !) entre être et étant. Mais les développements en sont encore plus intéressants :
Dans le chapitre Le je et le monde : Bien qu’il soit possible de douter de l’existence de toutes choses, il est indubitable que le je existe. Même si ce dernier met en doute le fait qu’il est, ce doit être lui qui doute. L’être et la connaissance s’unifient dans le je. Mieux, même le fait de douter signifie déjà que le je existe… Le je personnel a une double signification : il se réserve la possibilité de nier complètement le monde qui lui fait face, mais simultanément, il devient lui-même en se niant et en reconnaissant l’altérité absolue : autrement dit, le je devient un je en reconnaissant le tu en tant que tu. L’unité personnelle doit consister en une auto-identité d’éléments manifestement contradictoires, en une continuité d’éléments discontinus. (…) Soit nous voyons l’objet à partir du sujet, soit nous voyons le sujet à partir de l’objet. Soit nous pensons l’extérieur à partir de l’intérieur, soit nous pensons l’intérieur à partir de l’extérieur. Or, tout ce qui existe doit être concomitamment subjectif et objectif, ainsi que concomitamment objectif et subjectif : l’intérieur doit être l’extérieur tandis que l’extérieur doit être l’intérieur. La personnalité individuelle est déterminée au moyen d’une détermination dialectique de la négation absolue et de l’affirmation, c’est-à-dire au moyen d’une autodétermination du néant absolu. (pp 77-79) C’est cette dernière phrase je crois qui caractérise au mieux l’originalité de la pensée de Nishida : du néant (absolu) naissent toutes choses à l’existence, ce néant étant bien entendu conçu comme la potentialité universelle de l’être. Et clairement c’est un ‘je’ qui en constitue le coeur, la marque sublime d’autorité qui se figure sans se partager. Mais nous suffit-il de le comprendre pour le réaliser ?
Nous devons à un universitaire francophone, Michel Dalissier, une thèse qui examine de façon très exhaustive tous les aspects de la métaphysique nishidienne : Anfractuosité et unification – La philosophie de Nishida Kitarô (Droz 2009) Je citerai ces quelques lignes du chapitre consacré à l’oubli du soi : elles complètent et explicitent bien ce qui se lit plus haut : Avançons tout d’abord l’argument principal : l’unification réalisée dans l’expérience pure est à chaque fois une façon singulière d’unifier, en ce sens qu’aucune d’entre les unifications effectuées par un individu ne se ressemble. L’expérience pure ne « désindividualise » pas plus qu’elle « n’individualise » : elle personnalise.
Opposer ‘personnalise’ à ‘individualise’ est à mon avis une trouvaille impeccable : c’est l’apparition signalée d’un moi, d’un je non plus confiné dans ses conditions naturelles de manifestation, mais bien comme principe d’unification de toute expérience capable de rejoindre le grand Tout du Principe, de l’illustrer, de l’exhausser même (Jourdain) Ce que j’ai appelé l’Un en Deux !
… selon nishida, c’est parce qu’elle constitue à chaque fois toute l’aventure personnelle de l’unification en nous. L’unification n’existe donc pas abstraitement, elle n’existe que pratiquement, dans telle ou telle unification. Loin de perdre toute individualité dans l’expérience pure, il faut donc dire au contraire qu’elle y est conservée, et s’y dévoile.
… il s’ensuit qu’il est nécessaire de conserver une certaine individualité, qui n’est pas l’égoïsme, mais qui semble doter l’individu d’une « substantialité » particulière. cette individualité est-elle absolue ? Fait-elle abstraction des autres individualités ?
L’individu n’est pas une substance autosuffisante, car il est comme « dilué » dans la famille, la société, l’humanité. Seule l’individualité du fou est, envisagée d’une certaine façon, sans rapport avec cette conscience sociale. (…) L’universel, le particulier et le singulier définissent trois degrés de la réalité : si l’universel est la force unifiante, le « particulier » est ici la société et le singulier est l’homme. si l’universel est le vrai soi, le particulier est le soi social et le singulier est le soi individuel.
L’individualité d’une chose tient à son développement interne, son déroulement, par lequel cet universel véritable s’unifie en elle au travers du particulier. L’individualité ne se trouve pas dans la capacité de faire n’importe quoi, dans la contingence du vouloir : elle se trouve dans la nécessité du développement interne d’un « être ». Un « être » n’a pas de sens si l’on entend par là une entité statique.
… nous sommes à la fois complètement nous-mêmes et nous exprimons la force unifiante présente dans notre réalité naturelle, sociale, politique. Nous étions tenté de voir dans l’expérience pure et la force unifiante des états dépersonnalisés, sans coloration propre, « blancs ». Or, de même qu’on dit que le blanc est la somme des couleurs qui sont décomposées dans un prisme par exemple, il rassemble toutes les couleurs ; de même la personnalité « blanche » qu’est l’unification à l’oeuvre dans la réalité rassemble toutes les individualités distinctes comme autant de couleurs propres. Une couleur, c’est à chaque fois la singularité de l’incarnation vivante de l’« universel de la couleur », dans la particularité de cette couleur.
… ne peut-on soutenir alors que la force unifiante est bien la personnalité suprême que doit posséder toute personnalité ? et dès lors, le Dieu de Nishida n’a pas de personnalité, il constitue la personnalité même. Ce sont les autres choses qui possèdent de la personnalité au sens de cette force unifiante.
Il n’y donc pas de dépersonnalisation au sein de l’expérience pure, puisque, chez l’homme, la personnalité est conservée par la théorie nishidienne de l’unification, et que cette conservation « culmine » au niveau de la personnalité divine, qui constitue l’unification elle-même.
De « moi » jusqu’aux « autres » et finalement jusqu’à « Dieu », il y a comme une échelle de l’altérité qui donne le degré de la dépossession de soi du moi et de sa « dissolution » dans l’altérité ; étant entendu que cette dépossession est encore une fois une reprise de possession de sa vraie nature. (pp 88-93)
C’est ce personnalisme de Nishida, souligné par Dalissier, qui nous rapproche de la pensée d’Edgar Morin qui s’applique à relier complexité et universalité, ‘métapoints de vue’ et sobriété à seule fin d’établir une véritable éthique d’humanité rassemblée, fraternelle, planétaire. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages mais je ne citerai qu’un des derniers, qui a valeur de résumé : Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur, (Seuil 2015) … Nécessité, pour toute éducation, de dégager les grandes interrogations sur notre possibilité de connaître. Pratiquer ces interrogations constitue l’oxygène de toute entreprise de connaissance. De même que l’oxygène tuait les êtres vivants primitifs jusqu’à ce que la vie utilise ce corrupteur comme détoxifiant, de même l’incertitude, qui tue la connaissance simpliste, est le détoxifiant de la connaissance complexe.. De toute façon, la connaissance reste une aventure pour laquelle l’éducation doit fournir les viatiques indispensables. La connaissance de la connaissance, qui comporte l’intégration du connaissant dans sa connaissance, doit apparaître à l’éducation comme un principe et une nécessité permanente. Nous devons comprendre qu’il y a des conditions bioanthropologiques (aptitudes reliant cerveau et esprit humain), des conditions socioculturelles (la culture ouverte permettant les dialogues et échanges d’idées) et des conditions sociologiques (les théories ouvertes) qui permettent de ‘vraies’ interrogations, c’est-à-dire des interrogations fondamentales sur le monde, sur l’homme, sur la connaissance elle-même. Nous devons comprendre que, dans la connaissance, les activités auto-observatrices doivent être inséparables des activités observatrices, les autocritiques inséparables des critiques, les processus réflexifs inséparables des processus d’observation…
L’esprit humain doit se méfier de ses produits idéels, qui en même temps lui sont vitalement nécessaires. Nous avons besoin de négociations et contrôles mutuels entre nos esprits et nos idées pour éviter idéalisme et rationalisation. Nous avons besoin d’échanges et communications entre les différentes régions de notre esprit. Il faut prendre conscience du ça et du on qui parlent à travers le je, et être sans cesse en alerte pour tenter de détecter le mensonge en soi-même. Nous avons besoin de civiliser nos théories, c’est-à-dire d’une nouvelle générations de théories ouvertes, relationnelles, critiques, réflexives, autocritiques, aptes à s’autoréformer. Nous avons besoin de trouver des métapoints de vue sur la noosphère et sur nos esprits eux-mêmes. Nous avons besoin que se cristallise et s’enracine un paradigme permettant la connaissance complexe… (p 37)
L’Humanité a cessé d’être une notion seulement biologique tout en étant indissociable de la biosphère ; l’Humanité a cessé d’être une notion sans racine : elle est enracinée dans une ‘patrie’, la Terre, et la Terre est une Patrie en danger. L’Humanité a cessé d’être une notion abstraite : c’est une réalité vitale, car elle est désormais pour la première fois menacée de mort ; l’Humanité a cessé d’être une notion seulement idéale, elle est devenue une communauté de destin, et seule la conscience de cette communauté peut la conduire à une communauté de vie ; l’Humanité est désormais surtout une notion éthique : elle est ce qui doit être réalisé par tous et en tout un chacun. Alors que l’espèce humaine continue son aventure sous la menace de l’autodestruction, l’impératif est devenu : sauver l’Humanité en la réalisant. ( p 140)
Ce sont des témoins immenses qui sont appelés ici et l’on me reprochera sans doute un survol bien trop rapide de quelques aspects de leur pensée. Mais je crois toujours que l’essentiel peut se dire, se résumer même en quelques mots, ici clairement soulignés. Il faut être là, c’est tout, au bon moment. Et l’invitation au voyage peut très bien se faciliter de l’utilisation avisée des outils aujourd’hui si performants de la télématique. Je rappelle à cette occasion que mes références peuvent aisément se retrouver en rapportant et en cliquant sur un non d’auteur ou un concept, dans la petite loupe en haut et à droite de l’écran : c’est facile…